LA RÉFORME DE LA JUSTICE  AU  MALI


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INFOS PRODEJ

BULLETIN DE JUILLET 2005 


JUSTICE ET NTIC

Codes et lois du Mali en ligne
Le mardi 03 mai 2005, le Garde des sceaux a procédé au lancement officiel du CD - rom portant Codes et textes usuels au Mali. Le chef de l’UC - Prodej, Brahima Mamadou DIALLO dans son exposé a mis l’accent sur l’aspect exhaustif et pratique de l’outil avant de procéder à sa distribution gratuite. Un petit pas de la justice dans les NTIC, mais un pas de géant des professionnels et des usagers du droit dans l’accès et la maîtrise des lois. Car, pour la première fois, les codes et les textes de lois sont compilés sur un CD. Mieux, son aspect utilitaire fait qu’il contient en plus des textes (anciens et nouveaux), le
site WEB du PRODEJ: www.justicemali.org où les textes sont téléchargeables gratuitement.

Les magistrats réunis dans la salle de conférences de l’Institut de formation judiciaire ont trouvé en cet outil de travail révolutionnaire un véritable sésame; permettant d’accéder à nos textes et lois. De quoi séduire les responsables de la formation judiciaire de la sous - région qui étaient en conclave de quelques jours au Mali.

ACTUALITE

Le PACMO-PRODEJ construit des tribunaux de type nouveau         
Dans son édition du 4 juin 1998 accessible sur Internet, le Journal L’Humanité dans un article intitulé « A Toulouse, une journée ordinaire au palais », écrivait : « Aux marches du palais, celui de justice place des Salins à Toulouse, la course d’obstacle est devenue reine. Trouver son chemin constitue la première épreuve… »          

Pour les usagers, la situation est la même dans les juridictions maliennes. Comment résoudre ce problème ?           

Accueillir des visiteurs avec courtoisie, s’enquérir de ses besoins d’information, le diriger avec précision vers l’endroit où il trouvera l’information souhaitée, vérifier la présence et la disponibilité de la personne qu’il veut rencontrer, voilà ce à quoi doit s’atteler le membre du centre d’accueil qui verra le jour dans des palais de justice du pays. Car de façon pérenne, le justiciable doit être situé au centre de la reforme judiciaire malienne. En matière de sensibilisation du public aux activités des tribunaux et en matière de services d’information et d’orientation des justiciables, le PRODEJ œuvre à la réfection des tribunaux de première instance des communes CII, CIII, CIV et CVI du district.            

Cette opération qui va s’étendre à d’autres juridictions de l’intérieur a pour objectif d’améliorer les rapports des tribunaux avec leur communauté à travers l’information juridique, l’assistance judiciaire, l’accueil, la sensibilisation et l’information du public. Sans oublier son autre mission qui consiste à mieux organiser le travail du monde judiciaire en créant plus d’espace de travail pour les magistrats, greffiers et secrétaires. 

UC-PRODEJ: Coordonner la réforme judiciaire
Par Brahima Mamadou DIALLO, Chef de la Cellule de coordination du PRODEJ

Le diagnostic de notre appareil judiciaire a révélé onze volets prioritaires sur lesquels il faut agir pour améliorer la qualité de la Justice. Il s’agit des infrastructures, des équipements, de la logistique, du budget, des ressources humaines, de la formation, de la documentation, de la législation, des droits de l’homme, de la lutte contre la corruption, de l’information, de l’éducation et de la communication (I.E.C). Le Ministère de la Justice a choisi ses structures classiques pour améliorer ces volets afin d’impulser les changements souhaités.  

Ainsi, la Direction Administrative et Financière (DAF) s’est vue confier les questions d’infrastructure, d’équipement, de logistique et de budget ; l’Institut National de Formation Judiciaire les questions de formation et de documentation, la Direction Nationale de l’Administration de la Justice les questions de ressources humaines, la Direction Nationale de l’Administration Judiciaire et du Sceau les questions de législation. Le Ministère de la Justice s’occupe des questions  de droits humains, de lutte contre la corruption, de l’information, de l’éducation et de la communication.           

Une cellule légère appelée « Cellule de Coordination » a été créée au sein du Ministère de la Justice sous l’autorité du Garde des Sceaux avec le mandat d’encadrer l’ensemble des processus de mise en œuvre du Programme Décennal de Développement de la Justice, et de veiller à une production adéquate et efficace des résultats escomptés. La Cellule doit créer une dynamique d’ensemble dans les activités en faveur du développement de la Justice et en même temps maximiser les effets des différentes interventions. 

Trois grands principes guident son action, à savoir :

  • la recherche permanente de synergie qui consiste à impliquer plusieurs intervenants venant d’horizons divers  (départements ministériels, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers etc.) ;

  • la gestion itérative de la mise en œuvre qui consiste à encadrer les processus dans un esprit d’ouverture et de partenariat avec l’ensemble des parties prenantes. A cet égard, l’apport du Comité d’Orientation est essentiel, dans la mesure où, il est composé de représentants, des forces vives de la Nation qui définissent les politiques et les stratégies et approuvent les plans et les rapports ; 

  • le traitement méthodique de l’information qui est le corollaire même de l’itérativité. 

Sous cet angle, nous saluons la publication de la revue qui sera sans doute un outil de contact et un instrument de dialogue et d’échange  avec l’ensemble  de nos partenaires, pour un mieux être de la Justice malienne.

PACMO: Appuyer la réforme judiciaire

Par Georges PROULX, Coordonnateur résident du PACMO –PRODEJ

M.  Proulx est économiste et avocat. Il a été haut fonctionnaire à la fonction publique fédérale canadienne  et administrateur de la Banque Africaine de Développement. M. Proulx est membre du Groupe-conseil GENIVAR depuis 1997 au titre de Vice-président- Bonne Gouvernance et Droits Humains de M3E inc. Il s’est joint à l’équipe du Projet PACMO-PRODEJ en novembre 2003 et réside à Bamako depuis janvier 2004.

Le Projet d’Appui Canadien à la Mise en Oeuvre du Programme Décennal de Développement de la Justice (PACMO-PRODEJ) s’inscrit dans la foulée de l’appui que le Canada a fourni depuis 1998 aux activités de planification de la réforme de la justice au Mali,  menées par le Comité de Pilotage du Projet d’Appui à la Réforme, et de  son appui à la Cellule de Coordination pour la mise en œuvre du Programme Décennal de Développement de la Justice (CC-PRODEJ), son Comité d’Orientation et sa Cellule de mise en œuvre.                 

Le PACMO-PRODEJ a démarré en novembre 2003 et a été défini au terme d’un diagnostic exhaustif du système judiciaire réalisé avec la participation de la famille judiciaire et de la société civile. Il s’agit d’un projet  itératif et participatif d’une durée de cinq ans qui bénéficie de la contribution de l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI) à hauteur de 6.3 millions $ canadiens (environ 2 520 000 000 F CFA). À ce montant s’ajoute un appui de l’ACDI  à la CC-PRODEJ qui s’élève à 2 millions $ canadiens (environ 800 000 000 FCFA).

   
Le but du PACMO-PRODEJ  est de contribuer à la mise en œuvre du PRODEJ qui vise à renforcer l’ancrage de l’État de droit, à garantir la paix sociale et promouvoir le développement au Mali :

  • en renforçant les capacités institutionnelles pour la conduite du programme; 

  • en faisant participer la société civile à la réalisation du programme sur les enjeux qu’elle privilégie;et 

  • en assurant la mise en place dans les palais de justice de services aux justiciables qui reflètent les idéaux de transparence, d’intégrité, d’efficacité, d’équité et d’accessibilité.   

L’ambition  du PACMO-PRODEJ pour la justice malienne est que le Mali et sa population bénéficient d’une démocratie constitutionnelle renforcée par la modernisation et la réforme du système de justice  pour en faire un système de justice consolidé, crédible, efficace, transparent et jouissant d’une image publique favorable.     

Le Consortium GENIVAR/M3E-Université d’Ottawa est l’agence d’accompagnement qui a été mandatée pour mettre en œuvre cette contribution canadienne d’appui au PRODEJ.

DROIT ET CITOYENNETE DES FEMMES

Le DCF édite un recueil de décisions de justice
Produit avec l’appui du Centre canadien d’Etudes et de Coopération Internationale (CECI) sur financement du Fonds GED de l’ACDI, le projet Droit et Citoyenneté des Femmes (DCF) a édité aux Editions Jamana un ouvrage de 263 pages intitulé « Recueil de décisions de justice 1998 – 1999 ». Ce recueil dont le lancement a été effectué au Mémorial Modibo Kéïta sous le haut patronage de son Excellence l’Ambassadeur du Canada au Mali, Madame Louise OUIMET, a été rédigé par un comité d’auteurs composé de Mme DIALLO Kaita Kayentao, présidente de la section judiciaire de la Cour Suprême, M. Dramane Coulibaly, Mme Coulibaly Madeleine Maïga, Mme Kéïta Lallé Mériem Zouboye, tous conseillers à la Cour d’Appel de Bamako et de Me Mamadou L. Traoré, avocat à la cour.

Outil d’information et de travail pour toute personne qui s’intéresse au traitement réservé aux citoyennes par les tribunaux, ce document est une analyse juridique d’un grand nombre de décisions des juridictions des régions de Ségou, de Mopti et de Kayes permettant d’apprécier comment la législation est appliquée aux femmes au cours des années 1998 et 1999.          

A titre de rappel, le projet DCF a été exécuté par le CECI entre juin 1998 et avril 2004 au Burkina Faso, en Guinée, en Cote d’Ivoire et au Mali. Ce projet avait pour but d’améliorer l’efficacité des actions des structures et mécanismes régionaux et nationaux autour des enjeux que sont : l’égalité des rapports hommes – femmes et filles – garçons au sein de la famille ; la lutte contre les violences faites aux femmes, la citoyenneté des femmes et leur participation au pouvoir. Cet ouvrage est une mine d’or pour tout citoyen épris d’équité et de justice.

NOUS ONT RENDU VISITE

Pierre Robert pour son Sixième séjour. Du 12 décembre 2003  où une mission de démarrage a installé le PACMO d’une main experte à ce jour, des spécialistes canadiens n’ont cessé de prêter main forte au Programme décennal malien de développement de la Justice. Le 20 janvier 2004 arrive à Bamako le Coordonnateur résident du PACMO en la personne de Georges PROULX .

Jean Giroux, Expert en communication pour le développement effectuera  à deux reprises le voyage de Bamako. Le second séjour lui a permis de procéder aux derniers réglages en vue du démarrage de la revue trimestrielle du Ministère de la justice et du bulletin mensuel du Prodej, ainsi que le centre de documentation juridique.

Michel Laferrière spécialiste des Systèmes d’information et de gestion judiciaire a, au cours de son séjour du 22 février au 5 mars réuni les présidents, procureurs et greffiers en chef de Bamako à l’hôtel Salam pour leur expliquer l’utilité du SIGDJ qui arrive chez nous.

Le mois de mars a compté quatre visites de Canadiens. Le spécialiste en bâtiment, Yavan Robitalle s’occupe de l’implantation des tribunaux de type nouveau dont les chantiers poussent en Communes I, III, IV et VI. Il était à Bamako du 3 au 12 mars alors que l’expert en documentation et information juridique André Samson y est venu du 11 au 30 mars 2004.

Le spécialiste – anthropologue Anne – Marie Robert, le conseiller – Systèmes et Audit, Julien Laplante ont été nos hôtes. Ce dernier y est revenu le 15 octobre, suivi du comptable France Galarneau en novembre et de Michel Laferrière qui allait boucler son second voyage en décembre.

Cette année, en février, c’est Julien Laplante qui ouvre le ballet, suivi de deux spécialistes en mars : Sébastien Bédard, le spécialiste en développement organisationnel et Michel Laferrière du SIGDJ. Enfin, André Samson et Jean Giroux ont bouclé la boucle.

Véritable pigeon voyageur et tête pensante du Projet d’appui, le Directeur du PACMO, qui travaille avec le consortuim GENIVAR – M3E et l’Université d’Ottawa , M. Pierre Robert bouclera son sixième séjour de travail à Bamako, ce mois de juillet. Comme pour certifier que l’expertise judiciaire canadienne n’a point fait défaut aux Maliens dans la conduite de leur réforme. 

SIGDJ: Un logiciel de gestion des dossiers judiciaires

Salle « Yelen » de l’Hôtel Salam de Bamako, il est 9 heures passées de 15 minutes, ce mercredi 23 mars 2005. Devant les présidents de juridictions et les procureurs du district venus en grand nombre, M. Michel LAFERRIERE, avocat et administrateur judiciaire canadien, anime un exposé sur un logiciel qui va révolutionner les habitudes de travail en matière de gestion des dossiers judiciaires. Le développement et l’implantation du  Système d’Information de Gestion des Dossiers Judiciaires, « S.I.G.D.J. » qui va créer à partir de tous les registres judiciaires manuscrits un document informatisé au niveau de nos cours et tribunaux. Ceci est un maillon important des composantes de la modernisation et de la reforme judiciaire visant l’amélioration des services aux justiciables. Avec l’appui du Ministère de la justice, et sur financement de l’A.C.D.I. (Agence Canadienne de Développement International),  le PACMO - PRODEJ (Projet d’Appui à la Mise en Œuvre du Programme décennal de Développement de la justice) qui est une agence d’accompagnement dans la réforme judiciaire, travaille avec le Département de la justice et la famille judiciaire au renforcement des capacités institutionnelles, à l’amélioration des services aux justiciables dans les palais de justice, à l’appui à la société civile et à la réforme juridique et judiciaire.  Dans cet ordre d’idée, le Procureur du Tribunal de Première Instance de la Commune VI, M. Mahamane Agaly MAIGA dira : «  Ce système de gestion qui est doté d’une réelle volonté de transparence, de gain de temps et de crédibilité, permettra de dépoussiérer une justice dont certains instruments de travail étaient tombés dans l’obsolescence… Somme toute, ce système a une vision prosaïque et pratique qui va renforcer les capacités des juridictions pour l’avènement de plus d’efficacité, d’efficience, d’évaluation et d’auto – évaluation ».

Bon vent à ce nouveau logiciel de gestion des dossiers judiciaires qui arrive dans nos cours et tribunaux.

ACTIVITE DU PRODEJ

L’UC et le PACMO offrent du matériel informatique à la justice et forment les utilisateur
Le PRODEJ dote la justice malienne d’un important lot de matériels informatiques et bureautiques comprenant 83 ordinateurs de dernière génération, 83 imprimantes laser, 83 onduleurs, 22 photocopieuses, 79 multiprises et une centaine de rames de papiers. Cette action fort appréciée par les juges et greffiers bénéficiaires, entre dans le cadre de la politique de reforme de la justice au Mali que le PRODEJ a entreprise à travers des travaux d’hercule. Un ambitieux programme de modernisation de la justice a été concocté. Le PACMO - PRODEJ a procédé à l’installation d’une partie du matériel qui est déjà opérationnelle. Certains greffiers ont reçu une formation adéquate et d’autres s’apprêtent à entrer en classe. L’UC - PRODEJ vient à son tour de lancer un avis d’appel d’offres pour fourniture de matériels. Le tout est financé par la coopération canadienne et d’autres partenaires au développement.

Du toilettage des textes
Le constat d’une législation souvent désuète et parfois inadaptée ayant été fait par le Forum National sur la Justice du 30 mars au 3 avril 1999, il devenait dès lors impérieux de fixer un cadre normatif plus cohérent et plus adapté aux exigences de notre temps et plus compatible avec l’idéal démocratique en vigueur depuis 1991. Cela concernait la politique pénale, le droit civil, le droit social et celui des affaires.

Dans l’objectif de renforcer le cadre juridique national le PRODEJ, sous l’égide du Ministère de la Justice et avec l’appui de ses partenaires financiers et techniques, a entrepris la relecture des textes de la république. Dix (10) domaines essentiellement : électoral, institutionnel, statutaire, pénal, fiscal, domanial et foncier, notarial, du droit de la femme et de l’enfant et, enfin, de la lutte contre la corruption. Ainsi ont vu le jour des dizaines de textes comme la Loi 02 – 007 du 12 février 2002 portant loi électorale et celle du 30 janvier 2004 portant sa modification tout comme celle du 16 décembre 2002 portant statut de la magistrature, celle du 20 août 2001 portant code pénal, celle du 14 juillet 2003 portant modification du code général des impôts ou encore celle du 04 juin 2002 portant répression des attentats terroristes à l’explosif…

 

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