LA RÉFORME DE LA JUSTICE  AU  MALI


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INFOS PRODEJ

BULLETIN DE SEPTEMBRE 2005 


MISE  A  NEUF DU TRIBUNAL DE LA CIII ET DE LA COUR D’APPEL

Le Garde des sceaux descend sur les chantiers
Il tombait des  cordes sur Bamako, cet après – midi du lundi 08 août 2005 quand le cortège de véhicules stoppa net dans l’enceinte du Tribunal de Première Instance de la Commune III du District de Bamako. Dix – sept heures sonnantes, les pieds dans l’eau, Madame Fanta SYLLA et son équipe de techniciens du département entamaient une visite marathon qui allait les conduire dans les dédalles du vieil édifice colonial  remis à neuf à partir d’un fonds du Prodej. En l’absence du vrai maître d’œuvre, M. Georges PROULX Coordonnateur – résident du PACMO qui était au Canada pour raison de santé, le Maître d’ouvrage délégué et le représentant de l’entreprise responsable de la rénovation ont présenté les travaux aux illustres visiteurs qui, avec l’œil du maître ont passé au crible les travaux, salle par salle : du greffe unifié à la salle d’audience. Ils ont  vu et revu tous les coins et recoins  jusqu’à la salle des scellés. La ministre et ses proches collaborateurs sont allés de bureau en bureau, de celui du président à ceux des magistrats et des greffiers, en passant au peigne fin les travaux …

Ces bâtiments vieillots du TPI et de la Cour d’Appel avaient nécessairement besoin d’un « lifting ». Depuis l’ingénieur en chef du chantier  en a donné un coup d’accélérateur qui a permis de fixer la fin des travaux en 20 septembre 2005. Un coup de mastic par-ci, un coup de  peinture par-là, l’équipe de techniciens, maçons et ouvriers est à pied d’œuvre pour mettre la dernière main aux travaux de dallage et de drainage des eaux. Ailleurs, aux TPI des communes II, IV et VI, des travaux d’extension sont terminés. Pour le bien de l’ensemble du monde judiciaire, le Prodej mène à bien ces rénovations. Justifiant la totale satisfaction du greffier en chef du TPI de la commune III qui affirmera que de mémoire de greffier, aucun travail de rénovation n’a égalé celui en cours.

Mais d’un œil inquiet, un magistrat s’est écrié : « Le Prodej n’a rien fait pour équiper mon bureau ! », oubliant qu’il est très difficile pour le Programme de s’occuper du confort personnel de chaque magistrat malien, le développement de la justice étant une œuvre de longue haleine.

LES TRAVAUX D’HERCULE DU PRODEJ

La réorganisation de l’Institut National de Formation Judiciaire
L’Institut National de Formation Judiciaire  - INFJ qui était initialement un service rattaché au ministère, s’est vu attribuer, conformément au plan d’action du PRODEJ (suite à l’ordonnance n° 01-037/P-RM du 15 août 2001) le statut d’établissement public à caractère scientifique doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Autour du Directeur, le Docteur Oumarou BOCAR, un corps professoral composé d’hommes et de femmes de haut niveau dans les domaines de la justice et du droit, partagent son savoir et son expérience pratique avec les auditeurs de justice, les stagiaires greffiers et secrétaires de greffes et de parquets… qui, pendant deux années de cours théoriques et de stage pratique dans les juridictions, viennent affûter leurs premières armes avant de rejoindre leur premier poste dans le difficile service public de la justice.

Quelques problèmes au départ 

Mais tout n’était pas rose au début. L’Institut national de formation judiciaire a été conçu à l’origine pour assurer la formation initiale et continue des magistrats, des avocats, des notaires, des greffiers, et de tous les personnels travaillant au sein de la justice. On constatait à l’époque que l’enseignement dispensé par l’institut n’était pas efficace pour diverses raisons. L’institut ne disposait pas d’un corps professoral permanent, la formation n’était pas organisée en modules précis, les conférences étaient données par des juristes, sous forme d’heures supplémentaires. Généralement les conférenciers n’avaient reçu aucune formation de formateur permettant une transmission adéquate de leur savoir. Au demeurant, les maîtres de conférences étaient pour la plupart absorbés par leurs tâches quotidiennes et ne disposent d’aucun temps pour la recherche. Les auditeurs formés dans ces conditions recevaient une formation limitée qui ne tenaient pas compte des derniers développements dans le secteur. Tout comme les professionnels du droit n’avaient pas accès à une formation continue offerte par l’INFJ ; celle-ci se limitait à des séminaires organisés, irrégulièrement dans des conditions souvent discutables. 

Une Réorganisation confiée au Prodej 
Il devenait dès lors impérieux de réorganiser l’Institut afin qu’il propose des formations adaptées aux besoins et aux attentes des professionnels de la justice ; sa réorganisation fut inscrite au Prodej qui en fit un de ses 10 travaux d’hercule. De plus, il y avait nécessité d’assigner des tâches à des professionnels pour assurer toutes les formations reliées à la Réforme de la Justice : formations destinées aux organisations de défense des droits de l’homme, formation et sensibilisation des agents de la force publique, des agents des services pénitentiaires, formations en relations publiques du personnel des bureaux d’accueil et d’orientation etc.

Moyens subséquents 

Renforcer les capacités de l’INFJ dans son rôle de formation initiale et continue des professionnels de la justice et du droit en général devenait tout naturellement l’objectif principal du Programme. Cernant le mal pour bien y remédier, les besoins de formation du personnel judiciaire sont identifiés. Un plan de développement des ressources humaines (compétences à développer auprès des clientèles cibles) est élaboré ainsi qu’un plan de formation en fonction des besoins identifiés (formation initiale, formation continue et formation de formateurs) est élaboré. Des programmes de formation spécifiques sont élaborés et offerts au personnel judiciaire. Les formateurs et le personnel de l’INFJ sont dotés de moyens et d’outils informatiques modernes pour effectuer leurs tâches. Finalement, après l’étude et l’analyse des besoins de formation, l’élaboration du plan de développement des ressources humaines et des plans de formation, l’informatisation des services de l’INFJ et la formation des formateurs de l’INFJ ; la formation dispensée par l’INFJ permet aujourd’hui au personnel judiciaire d’être performant et de fournir des services judiciaires de qualité à l’ensemble des usagers de la justice malienne.

MISE A DISPOSITION DE 180 MILLIONS POUR  DES PROJETS 

La Société civile malienne réagit
Certaines ONG qui n’ont pas pu prendre part à la rencontre d’information sur les modalités de financement des projets organisée au Centre Awa KEITA le 21 juillet dernier, ont pris le train en marche en venant au siège du Prodej enlever le document portant guide d’éligibilité au fonds..

Ainsi, nous ont rendu visite et ont enlevé le document, les ONGs suivantes:  :  OMADECOS (Organisation Malienne  d’Appui au Développement Communautaire dans le Sahel), CEPROCIDE (Centre de Promotion de la Citoyenneté pour le Développement Durable à la Base), ASADI (Association Sahélienne d’Aide au Développement) et PDHRE/DPEDH – Mali (Mouvement des Peuples pour l’Education aux droits Humains).  Elles viennent s’ajouter à la trentaine d’ONGs ayant manifesté leur intérêt pour le fonds le Jeudi 21 juillet 2005 à la Salle de 100 places du Centre Awa KEITA de Bamako. Déjà certaines ONGs ont déposé sous plis fermé leur projet au siège du Prodej.

ACTIONS DE NOS PARTENAIRES

ASF s’outille mieux devant la Cour Pénale Internationale
En vue de l’organisation au Mali du Séminaire de formation sur la « Cour Pénale Internationale » prévue en novembre 2005, « Avocats Sans Frontières – Mali » (ASF) a organisé une conférence de presse le samedi 30 juillet 2005 à 09 heures à la Salle des Avocats du Mali sur les thèmes : « La défense pénale internationale face aux juridictions pénales internationales » et la « Défense pénale internationale : Enjeux et Défis ». Après un brillant exposé, Maître Hamadi Karembé a ouvert les débats qui se sont avérés fructueux sur les pratiques internationales en matière de procès pénaux contre ou pour les accusés et victimes de génocides, crimes contre l’humanité ou de guerre, d’agression, de pillage et de torture… des inculpés devant ces juridictions. Créé en 1997 et précisément le 31 octobre à Bamako sous forme d’association à but non lucratif, ASF a démarré avec 7 avocats dirigés par Me Brahima Koné.

Rappelons que Me Karembé qui est à la tête de ASF depuis le 30 juillet 2004, dirige un bureau de 10 membres, tous ardents défenseurs des Droits de l ‘Homme représentant un collectifs de 50 membres actifs dont 5 femmes et 2 membres d’honneur.

Contacts : (223) 222 43 40 ; 222 78 63, Salle des Avocats. ; BP : 2391 Bamako MALI.

COMMUNIQUE 

Le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux communique :
Il est ouvert un concours de recrutement de cinquante cinq (55) auditeurs de justice de l’ordre judiciaire.
Les épreuves du concours se dérouleront à Bamako centre unique.
Le communiqué ultérieur précisera le lieu dudit concours.
Les candidats doivent être titulaires d’une maîtrise en droit privé ou de tout autre diplôme régulièrement reconnu comme équivalent.
Les demandes de candidature timbrées à 200 F CFA doivent parvenir à la Direction Nationale de l’Administration de la Justice au plus tard le 03 octobre 2005 à 16 heures.
Les pièces devant appuyer la candidature sont les suivantes :
Une copie de l’acte de naissance ou du jugement supplétif en tenant lieu ;
Un extrait du casier judiciaire datant de moins de trois mois ;
Un certificat de bonne vie et mœurs ;
Un certificat de nationalité ;
Un certificat de visite et de contre visite délivré par une autorité médicale agréée ;
Une copie certifiée du diplôme requis.
Les modalités d’organisation du concours sont fixées par l’arrêté n°05-1843/MJ-SG du 08 août 2005.

Bamako, le 19 août 2005

Le Secrétaire Général
Ousmane TRAORE

Chevalier de l’Ordre National

DOCUMENT  

Objectifs généraux de la réforme
La réforme de la Justice qui procède de la réforme institutionnelle vise essentiellement trois objectifs généraux. Il s'agit de renforcer l'ancrage de l'Etat de Droit, de garantir la paix sociale et enfin de promouvoir le développement.

Renforcement de l'ancrage de l'Etat de Droit 
La primauté du Droit dans les relations inter institutionnelles est un gage indéniable de la consolidation des acquis de la démocratie qui sont encore fragiles au Mali. La primauté du Droit à cet égard assure à la fois la légitimité de ces institutions et une saine gestion des affaires publiques à travers l'obligation de responsabilité et de transparence, une lutte effective et efficace contre la corruption dans toutes les sphères de la vie publique afin de restaurer la crédibilité du service public.

Le renforcement de l'Etat de Droit suppose par conséquent un train de mesures en vue de donner au Pouvoir Judiciaire les moyens institutionnels de son indépendance, le respect et la promotion des Droits de la Personne. En effet, malgré les progrès considérables enregistrés dans ce domaine, il existe encore un décalage entre les principes proclamés notamment le respect de la présomption d'innocence et les réalités du terrain en raison des conditions souvent déplorables de la garde à vue, de la longueur des détentions préventives, de l'engorgement des prisons….

L'impact de ces dysfonctionnements sur l'effectivité des Droits de la personne est nettement perceptible chez les couches vulnérables que sont les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées par rapport à la jouissance et à l'exercice de certains droits qui leur sont pourtant reconnus. C'est dire qu'une attention particulière devrait être consacrée à ces couches au risque d'aggraver les fractures sociales et l'exclusion.

Garantie de la paix sociale : le Droit est de prime abord un instrument d'intermédiation et de pacification des rapports sociaux. Il perd par conséquent sa vocation lorsqu'il attise ou entretient des conflits qui se perpétuent souvent de génération en génération ou qui empruntent des tournures dramatiques à travers des affrontements sanglants soit entre individus, soit entre communautés d'agriculteurs et d'éleveurs unies par des liens séculaires et condamnées à vivre ensemble.

La garantie de la paix sociale

La garantie de la paix sociale passe en outre par une politique pénale assurant la sécurité des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire et une lutte cohérente contre les nouvelles formes de délinquance en matière économique et financière ainsi que le banditisme urbain et trans-frontières.

Il revient en somme à la Justice d'une part de résoudre l'équation entre le Droit moderne, héritage de la colonisation et les règles de la coutume et d'autre part de concilier des impératifs parfois contradictoires entre les intérêts de la société et ceux de l'individu ; le formalisme des procédures et la garantie à tous et à chacun d'un égal accès à la Justice et un procès équitable dans un délai raisonnable ; de concilier en définitive les exigences d'une justice qui se doit d'être rapide sans être expéditive, qui allie le respect de la loi et la prise en compte de l'équité. C'est seulement ainsi que les populations ne seront pas obligées de se détourner des tâches de développement qui les interpellent en tant qu'individus mais aussi en tant qu'acteurs responsables du Devenir de la nation.

Promotion du Développement 
La symbiose entre le Droit et son environnement constitue un terreau fertile pour le développement, en particulier dans sa dimension économique. Le Mali ne saurait dans le concert des nations évoluer en vase clos dans un environnement économique caractérisé par le jeu de la libre concurrence, l'intégration sous régionale et le défi de la mondialisation à l'orée du 3e millénaire.

L'intégration à l'Organisation pour l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique
( OHADA ) pour ne citer que cet exemple requiert des efforts en vue de simplifier les textes et procédures, d'assurer leur diffusion afin qu'ils soient connus tant par les applicateurs du Droit que par les investisseurs nationaux et étrangers, de veiller à la cohérence de la jurisprudence soumise dorénavant à une censure supra nationale (Cour Commune de Justice et d'Arbitrage ), enfin de diligenter les causes sans retard injustifié.

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