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LA RÉFORME DE LA JUSTICE AU MALI |
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Nouvelles diverses sur la Justice | |
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COUR SUPREME : LA NOUVELLE PRESIDENTE PREND FONCTION Mme Diallo Kaïta Kayentao a été installée à son poste par le chef de l’Etat en même temps que le nouveau procureur et le nouvel avocat général de la plus haute juridiction de notre pays. « Je jure de bien et fidèlement remplir ma fonction. Je m’engage à défendre les droits de l’homme et des enfants…». C’est sur cette formule rituelle que la nouvelle présidente de la Cour Suprême, Mme Diallo Kaïta Kayentao, a prêté serment hier matin avant que le président de la République Amadou Toumani Touré ne la renvoie, selon l’expression, à l’exercice de sa fonction. Le Chef de l’Etat a également procédé à l’installation dans leurs fonctions du nouveau procureur Cheikna Detteba Kamissoko, du nouvel avocat général Mme Fatoumata Niantao et du conseiller à la section judiciaire Toumani Diallo. C’était au cours d’une audience publique qui a eu lieu au Centre international des conférences. Le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, les présidents des institutions de la République, les représentants du corps diplomatique, des partenaires au développement, ont assisté à la cérémonie. De même que l’ensemble de la famille judiciaire et une foule importante de parents, d’amis et de représentants des organisations et associations féminines. La nomination de Mme Diallo Kaïta Kayentao, a rappelé le procureur général provisoire, constitue le couronnement d’une trentaine d’années de carrière au service de la Nation. Première femme juge de paix à compétence étendue de l’histoire de notre système judiciaire, elle est nommée à ce poste à Bougouni en 1985, Mme Diallo Kaïta Kayentao est désormais la première femme à diriger la plus haute juridiction de notre pays. Une juridiction à laquelle elle appartenait déjà puisqu’elle en présidait la section judiciaire. Cheickna Detteba Kamissoko a, lui, rempli nombre de fonctions dans la hiérarchie judiciaire et dans les cabinets ministériels avant de devenir ministre de la Justice, Garde des Sceaux et ministre de la Communication. A sa sortie du gouvernement, il est nommé ambassadeur en Mauritanie. A son retour, il réintègre la famille judiciaire avant de se voir confier ce poste de procureur général près la Cour Suprême. Mme Fatoumata Niantao et Toumani Diallo ont, eux aussi, réalisé de brillantes carrières. Dans son intervention, le bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Seydou Idrissa Maïga, a invité la nouvelle présidente à s’atteler à la réforme de notre système judiciaire et à le débarrasser des maux qui le gangrène de nos jours. Il a insisté sur la nécessité d’harmoniser nos textes avec ceux de la Cour des comptes de l’UEMOA et de l’OHADA avant d’assurer la nouvelle présidente de la Cour suprême du soutien du Barreau. Le nouveau procureur général, Cheickna Detteba Kamissoko, a lancé un appel aux membres de la famille judiciaire afin qu’ils se donnent la main pour expulser les mauvaises pratiques qui minent le système judiciaire. « Il est clair que la sécurité juridique a cessé d’occuper une place d’honneur au palmarès de nos principes généraux…», a-t-il souligné, citant Carbonnier, un éminent juriste français. Dans ces conditions, a-t-il poursuivi en puisant à la même référence, la tâche de la justice devient encore plus ardue dans un monde où le chantage, la puissance de l’argent et l’absence de morale deviennent les règles de la société. « Aujourd’hui, on demande à la justice de tout réglementer dans un monde où tout se dérègle. Il serait abusif d’exiger qu’elle apporte la sécurité, propre aux époques où régnaient l’ordre et l’autorité », a-t-il encore paraphrasé. Cheickna Detteba Kamissoko en a, par conséquent, appeler à un sursaut d’orgueil des magistrats pour la renaissance d’une jurisprudence fiable, capable de modérer l’inflation législative, devenue le propre de l’ère démocratique. Un point de vue partagé par le bâtonnier de l’ordre des avocats qui dira que ses confrères attendent beaucoup des magistrats dans ce sens. Mme Diallo Kaïta Kayentao, tout en se félicitant d’un jumelage entre notre Cour suprême et celle du Tchad, a plaidé pour le renforcement des capacités de son institution afin qu’elle puisse jouer pleinement son rôle dans le fonctionnement des institutions de la République. Elle a demandé la construction d’un siège digne du rang de la Cour suprême, qui occupe actuellement une bâtisse datant de l’époque coloniale. Exiguë, elle est en perpétuelle réfection. La nouvelle présidente a ensuite promis que les sessions se tiendraient régulièrement, que le traitement des dossiers gagnerait en célérité et en transparence pour épargner aux usagers des allers et retours inutiles. Elle s’est engagée également à participer aux assises des associations judiciaires francophones. Le chef de l’Etat, pour sa part, a rappelé aux magistrats nommés, les attentes du citoyen malien qui souhaite une meilleure distribution de la justice. Par: A. O. DIALLO Source: Journal l’Essor N° 15749 du 21 Juillet 2006. | |
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