LA RÉFORME DE LA JUSTICE  AU  MALI


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FORUM MONDIAL DES DROITS DE L'HOMME
 DES PRINCIPES UNIVERSELS  A L’EPREUVE DE L’ACTION LOCALE

Le deuxième Forum mondiale des droits de l’homme s’est tenu en juillet en France. De nombreux acteurs de la question s’étaient retrouvés pour brasser des idées et relever ensemble, les défis qui se posent en la matière.

Cette rencontre a créé un cadre de concertation entre acteurs des droits humains dont l’ambition est la construction d’un édifice de défense, de promotion et de protection des droits humains. Car les promesses généreuses de la Déclaration universelle des droits de l’Homme sont toujours mises à rude épreuve sur tous les continents. Partout dans le monde, des femmes et des hommes luttent pour le droit élémentaire au travail, à un revenu décent, au logement, à l’éducation, à l’eau, à la nourriture, à l’énergie, à l’accès égal aux traitements du sida.

LA MISSION D’ALERTE. Notre pays était présent au rendez-vous. Il était représenté par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Fanta Sylla accompagnée de Django Cissoko, le directeur de cabinet du Premier ministre et d’autres acteurs du mouvement des droits de l’homme.

L’exemple des rapports alternatifs au Guatemala et au Mali figurait au centre d’une table ronde présidée par le ministre de la Justice. Madani Koumaré, animateur de la plate-forme Droits économiques, sociaux et culturels (DESC) du Mali, a abordé la problématique de l’accès aux droits économiques, sociaux et culturels dans notre pays. Ses préoccupations avaient trait au travail et à la protection sociale, au VIH/Sida, au foncier, à l’éducation, aux droits culturels à l'alimentation et la nutrition dans les régions. Madani Koumaré a déploré la non prise en compte des droits économiques, sociaux et culturels par le système judiciaire, ainsi que les difficultés de sa saisine.

En réponse Me Fanta Sylla a rappelé l’engagement et la foi du Mali dans la promotion des droits. « La promotion et la protection des droits restent un facteur de croissance et de développement », soulignera-t-elle. Le ministre de la Justice a évoqué les orientations essentielles contenues dans le rapport alternatif qui sera un catalyseur pour l’élaboration du rapport national, avant de louer la mission d’alerte de la société civile dans un régime démocratique.

Me M’Bam Diarra secrétaire permanente de la Commission nationale des droits de l’homme, a, quant à elle, mis l’accent sur l’évolution des droits humains au Mali, et la dynamique de négociation sociale. « La dénonciation est pire que la coercition », a-t-elle estimé.

FAIRE EVOLUER LE VOCABULAIRE. Cette table ronde a permis de mettre en exergue les conditions et l'intérêt d’une collaboration entre les pouvoirs publics et la société civile. Dans le cadre de la globalisation de l’économie, l’ancien ministre du Travail, Ousmane Oumarou Sidibé, a fait une remarquable contribution sur « l’économie transnationale et droits de l’homme », avec son corollaire d’inégalités.

Les échanges ont fait ressortir que même si la pauvreté et l’analphabétisme ont reculé dans de nombreuses régions du monde, ces progrès ont été éclipsés par une inégalité croissante entre les pays et en leur sein.

Comment les solidarités peuvent-elles s’exercer, entre tous les acteurs concernés pour que les droits de l’homme deviennent une réalité pour tous ? Le traitement de ce thème a valu le Prix de l’Edit de Nantes décerné à Somaly Mam, fondatrice de l’ONG cambodgienne « Agir pour les femmes en situation précaire » (Afesip). L’idéal de solidarité est aussi le sens de la signature de la charte de l’Alliance internationale des anneaux de la mémoire (une fédération internationale des villes pour une « mémoire partagée » de l’esclavage et de ses conséquences) dont le président est l’ancien chef de l’Etat béninois, Nicéphore Soglo.

Invitée vedette du forum, Ségolène Royal, candidate à l’investiture du Parti socialiste français pour l’élection présidentielle française de l’année prochain, s’est arrêtée au stand du collectif nantais « Enfants étrangers-citoyens solidaires », où elle a signé une pétition demandant l’arrêt des expulsions de familles sans papiers. « Les enfants n’ont pas à faire les frais de l’improvisation ou de l’imprévision des politiques », lancera t- elle avant d’estimer que le terme « droits de l’homme » est trop réducteur. « Dans les droits de l’homme, il y a aussi les droits des femmes. Il faudra bien un jour faire évoluer le vocabulaire, pour parler plutôt des droits de la personne », a jugé celle qui caracole en tête dans les sondages en France depuis des mois.

Par: Ismaël MAIGA.

Source: Journal l’Essor N° 15765 du 14 Août 2006.

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