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LA RÉFORME DE LA JUSTICE AU MALI |
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Nouvelles diverses sur la Justice | |
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PROFESSION D’AVOCAT : LA NOUVELLE VAGUE Une trentaine de jeunes détenteurs du certificat d’aptitude à la profession d’avocat ont prêté serment mercredi. C’est l'une des rares fois où lors d’une audience, le ministère public, les juges de sièges et les avocats parlent le même langage. Il est vrai qu’il ne s’agissait pas de juger un accusé. L’occasion qui réunissait le monde judiciaire mercredi, était la cérémonie de prestation de serment d’avocats stagiaires. La cérémonie s’est déroulée dans la salle d’audience de la Cour d’Appel de Bamako. Debout au prétoire, face au président de la cour, Abdoulaye Issoufi Touré, ses deux conseillers et le procureur Amadou Ousmane Touré, les 33 détenteurs du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA) ont prêté serment. Ils ont juré de s’approprier les principes d’éthique et de déontologie qui font les vertus de leur profession. Cette audience solennelle au terme de laquelle, la Cour d’appel a renvoyé les futurs avocats à l’exercice de la profession, s’inspire de la loi 94-042 du 13 octobre 1994 portant création et organisation de la profession, d’avocat dans notre pays. « Jeunes futurs confrères, ce jour est exceptionnel, mémorable et sacré pour tout avocat. Cette prestation de serment ne peut être assimilée à une allégeance au pouvoir judiciaire, encore moins au gain facile, mais à l’ensemble des principes fondamentaux d’équité et de justice. Nous vous accueillons avec bonheur », a lancé le bâtonnier de l’Ordre des avocats Seydou Ibrahim Maïga, lors de la présentation au tribunal de cette promotion qui a choisi comme un parrain, Me Maguette Assane Sèye, un ancien Bâtonnier. « C’est une marque de confiance et je m’emploierai à la mériter », a assuré Me Sèye, avant d’évoquer une réflexion d’un philosophe grec, Esiode, qui disait : « évites la mauvaise réputation parmi tes semblables. La renommée est dangereuse, son fardeau est lourd à soulever, pénible à supporter et difficile à déposer. L’avocat en plus de sa réputation n’est digne de porter la robe, s’il n’a pas de cœur ». Dans son intervention, le procureur général, Amadou Ousmane Touré a félicité les futurs avocats pour leur brillante réussite au CAPA avant de leur prodiguer des conseils. « L’avocat incarne la liberté, l’indépendance, le courage, le respect et l’humilité. Voici des vertus qui ont toujours animé vos aînés et que vous devriez vous approprier. Vous pouvez toujours compter sur l’appui et l’accompagnement du ministère public. Monsieur le président, veuillez accepter les serments de ces jeunes avocats stagiaires et les renvoyer à l’exercice de la fonction », poursuivra le procureur général. Un à un les 33 diplômés dont deux demoiselles (Nadia Myriam B. Camara et Nématou Maïga), ont prêté serments sous les applaudissements d’une foule de parents, d’amis et confrères. « Par cette prestation vous accédez à la première marche d’un corps honorable. Le jugement qui sera porté sur vous dans quelques jours vous accompagnera pendant le reste de votre carrière. La Cour vous félicite et vous renvoie à l’exercice de la profession d’avocat stagiaire », a dit le président de la Cour, Adboulaye Issoufi Touré. Auparavant, la Cour avait accepté le serment d’un avocat chevronné, Me Moussa Bouba Diarra, précédemment inscrit au barreau de Conakry. Pour des raisons de famille, il vient de décider de s’installer dans son pays natal. Bien qu’il remplisse déjà toutes les conditions pour être inscrit au barreau malien, il lui fallait passer par cette formalité d’usage qu’est la prestation de serment. Me Diarra a donc juré devant la Cour, de remplir dignement et loyalement sa mission. La Cour statuant publiquement, a donné acte de son serment et l’a renvoyé à l’exercice de sa profession. Depuis hier à 10h, il est apte à plaider devant les tribunaux maliens et dans les pays qui prévoient la réciprocité avec notre pays en la matière. Dans la sous-région, il s’agit notamment du Sénégal. Cette cérémonie s’est déroulée en présence des membres de la Cour de justice de la CEDEAO actuellement en session dans notre capitale, et des membres de la famille judiciaire. Nadia Myriam B. Camara, Nématou Maïga, Jean Claude Sidibé et leurs camarades savent désormais que la médiocrité n’a pas de place dans une profession qui se régionalise avec notamment le règlement de l’UEMOA, sur l’établissement et la libre circulation des avocats. Par: M. N. TRAORE Source: Journal l’Essor N°15803 du 6 octobre 2006. | |
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