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LA RÉFORME DE LA JUSTICE AU MALI
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Forum National sur la Justice au
Mali
JUSTICE ET DROITS DE
L'HOMME
RAPPORT D'ATELIER
L'atelier "justice et Droit de l"Homme ",
réuni en séance de travail ; le O2 avril 1999 au Palais
des Congrès sous la Présidence de Maître
Djourté Fatimata DEMBELE et rapporteur Maître
Diamouténé Aminata, a adopté la
méthodologie suivante en rapport avec le thème qui lui
a été confié.
Dans une première partie l'atelier a
passé en revue quelques conventions internationales
ratifiées par le Mali dans le domaine des droits de l'homme
:
- La déclaration universelle des
droits de l'homme.
- Convention pour la répression de la
traite des êtres humains et de l'exploitation de la
propriété d'autrui.
- Pacte international relatif aux droits
civils et politiques.
- Pacte international relatif aux droits
économiques sociaux et culturels.
- Convention de Genève.
. Blessés et malades dans les forces
armées en campagne, blessés malades et naufragés
des forces armées sur mer.
. Prisonnier de guerre.
. Protection des personnes civiles en temps
de guerre.
- Convention relative à l'abolition
de l'esclavage, de la traite des
esclaves et des institutions pratiques
analogues à l'esclavage.
- Convention des Nations Unies sur les
traitements inhumains et
dégradants.
Considérant que le Mali n'a pas
encore ratifié un très grand nombre de conventions
surtout celles relatives à l'organisation internationale du
travail.
Considérant l'anachronisme entre le
droit interne et certaines conventions internationales.
L'atelier recommande :
- La ratification des conventions
internationales non encore ratifiées par le Mali
- L'harmonisation entre le droit interne
et les instruments juridiques internationaux.
Dans une deuxième partie, l'atelier a
dégagé trois grandes rubriques dans lesquelles
l'application des droits de l'homme pose problèmes et a
proposé des axes de réforme dans les
recommandations.
1°) Etat de droit et
libertés
2°) Administration de la Justice
3°) Droits économiques, sociaux
et Culturels
I - L'ETAT DE DROIT ET LES
LIBERTES
- Considérant que la garantie d'un
Etat de Droit passe par l'existence et le respect des libertés
individuelles et collectives,
- Considérant que la constitution du
25 février 1992 en son titre premier consacre les droits et
devoirs fondamentaux de la personne.
L'Atelier recommande :
- Le respect strict de la
séparation des pouvoirs : exécutif,
législatif et judiciaire tel que prévu à
l'article 81 de ladite constitution.
- La clarification des concepts de
libertés des articles 81 et 85 par Une mise en œuvre des
lois d'aménagement.
- la mise en œuvre des lois
d'aménagement sur :
- L'article 9 : droit à la
défense depuis l'enquête
préliminaire.
- L'article 10 : le droit de se faire
examiner par un médecin de son choix.
- L'article 12 : nul ne peut être
contraint à l'exil
- Le respect scrupuleux de la
liberté de manifestation
- L'arrêt des violations
intempestives des domiciles par les forces de l'ordre.
- L'inviolabilité du secret des
correspondances
- L'enseignement des droits humains dans
les programmes scolaires et universitaires.
II L' Administration de la justice
:
- Considérant le rôle
joué par le pouvoir judiciaire.
- Considérant qu'une bonne
administration de la justice doit être une garantie d'un
développement durable du pays, ainsi que la paix et la justice
sociale,
l'atelier recommande :
- Le respect sans conditions du
délai de garde à vue
- La limitation de la durée de
détention à 4 mois pour les délits et 1 an
pour les crimes.
- L'humanisation des conditions
d'arrestation dans le respect de la dignité de la personne
humaine.
- Le respect rigoureux de la
présomption d'innocence.
- La création de petits
dépôts (structure d'accueil des prévenus en
transit ) dans les enceintes des tribunaux de 1ère
instance.
- La prise en charge effective par
l'état des besoins en nourriture et en santé des
détenus et des suspects.
- L'amélioration des soins de
santé prodigués aux prisonniers tout en
félicitant les autorités pour la séparation
des détenus hommes, femmes et enfants, l'atelier
déplore l'effectif pléthorique de la population
carcérale qui ne s'accommode plus aux normes
internationales de détention.
- La restauration et la construction de
prisons.
- La promotion de pénitenciers
agricoles comme à Kenieroba et une meilleure utilisation de
la main d'œuvre carcérale.
- L'adoption de loi prévoyant des
peines de substitution à l'emprisonnement.
- L'octroi de la liberté
conditionnelle aux prisonniers ayant eu un comportement
exemplaire.
- L'institution du juge de l'application
des peines.
- La mise en cause de la
responsabilité de l'Etat dans les cas de détention
arbitraire et abusive.
- L'assistance judiciaire dans les
localités où il n'existe pas d'avocat et pour les
justiciables qui n'ont pas les moyens d'en constituer un.
- Considérant le rôle
déterminant des forces de la sécurité dans la
privation des individus de leurs libertés.
- Considérant la tutelle de la
hiérarchie militaire sur les OPF et leur immixtion dans les
fonctions de ceux-ci :
l'atelier recommande :
- L'obligation pour les commissariats et
brigades de gendarmerie d'informer toute personne prévenue
dont le domicile est connu ou identifiable.
- La mise en cause de la
responsabilité personnelle de l'agent en cas de faute
détachable du service.
- L'amélioration des ressources
humaines, matérielles et financières et forces de
sécurité et des agents de prisons, ainsi que de
leurs conditions de travail.
III Droits écono - sociaux et
culturels :
- Considérant que ces droits sont
reconnus par la Constitution ainsi que différents instruments
juridiques internationaux.
- Considérant que la mise en œuvre de
ses droits pose problème et que les magistrats ne sont pas
suffisamment armées pour réprimer les
violations.
L'atelier recommande :
- La création d'une police
économique dotée de moyens adéquats pour
rendre possible la répression des infractions.
- L'extension de la saisine de la Cour
Constitutionnelle aux citoyens, aux collectivités et aux
ONG des droits de l'homme.
- L'élaboration d'un Code de
consommation
- La création de juridictions pour
litiges mineurs avec simplicité et gratuité de la
procédure.
- L'appui aux associations de
défense des droits de consommations.
- La promotion des droits écono -
sociaux et culturels dans E.I.D.