|
|
LA RÉFORME DE LA JUSTICE AU MALI |
|
|
|
|
RENTREE
SOLENNELLE
DES COURS ET TRIBUNAUX
POUR
L’ANNEE JUDICIAIRE 2001-2002
Discours de son excellence Alpha Oumar KONARE Président de la République, Chef de l'Etat
Note explicative sur les modifications de la constitution du 25 février 1992
PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE Un Peuple - Un But - Une Foi KOULOUBA
DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ALPHA OUMAR KONARE,
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT
À l’OCCASION DE LA RENTRÉE SOLENNELLE 2001- 2002
DES COURS ET TRIBUNAUX
(Palais des Congrès, le 12 novembre 2001)
- Monsieur le Premier Ministre ;
- Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
- Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale ;
- Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême ;
- Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle ;
- Monsieur le Procureur Général près la Cour Suprême ;
- Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps
Diplomatique Consulaire et des Représentants des Organisations
Internationales ;
- Monsieur le Secrétaire Général du Syndicat Autonome de la
Magistrature ;
- Monsieur le Secrétaire Général de la section Syntade de la
Justice ;
- Mesdames et Messieurs les Magistrats ;
- Madame le Bâtonnier de l'Ordre des Avocats ;
- Monsieur le Président de la Chambre Nationale des Notaires
;
- Monsieur le Président de la Chambre Nationale des Huissiers
de justice ;
- Monsieur le Président de la Chambre des Commissaires Priseurs
;
- Mesdames et Messieurs les Officiers et Agents de Police Judiciaire
;
- Mesdames et Messieurs les experts judiciaires ;
- Mesdames et Messieurs les Greffiers et Secrétaires de Greffe
et Parquet;
- Mesdames et Messieurs les surveillants de prison et éducateurs sociaux ;
- Honorables Invités ;
- Mesdames et Messieurs
La présente cérémonie, au-delà du rituel qui sied aux événements de cette nature, s'enracine dans les préoccupations actuelles du peuple malien. Le thème que vous avez choisi pour la circonstance, à savoir " le rôle et la responsabilité du juge dans le processus électoral ", est assez significatif à cet égard et exprime la volonté de la famille judiciaire d'être un point d'équilibre et de répondre aux attentes des citoyens.
Mesdames et Messieurs,
Cette cérémonie, ne l'oublions pas, se tient aussi à la veille d'échéances importantes que sont les consultations électorales générales (pierre angulaire de toute démocratie) que notre pays s'apprête à organiser le 23 décembre pour le Référendum, en Avril pour les Présidentielles et en Juillet pour les Législatives.
L’exigence démocratique impliquant une très grande liberté
de candidature et une transparence
dans le déroulement du scrutin,
l'institution judiciaire sera
amenée à jouer un rôle particulièrement
exaltant, en cette phase d'évaluation
à mi-parcours de notre démocratie.
Mesdames et Messieurs les
Magistrats,
Le juge a la responsabilité de la gestion de tout le contentieux électoral, soit en sa qualité de juge de l'élection, soit en sa qualité de juge de l'excès de pouvoir. Il a un rôle normateur de l'ensemble du processus électoral dont il est le gardien de la régularité.
Aux termes de la loi électorale, le contentieux des opérations
préparatoires et celui de la liste électorale relèvent à la fois des tribunaux
de l'ordre judiciaire, administratif et de la Cour Constitutionnelle
; chaque organisme est investi d'une mission particulière
concourant à l'harmonie de l'ensemble et à un meilleur fonctionnement du dispositif.
Mesdames et Messieurs,
Honorables Invités,
L'institution judiciaire constitue une garantie essentielle pour la stabilité des Institutions de la République et la consolidation de l'Etat de droit.
Et pour cette raison fondamentale, son caractère apolitique doit être sauvegardé.
Le juge, arbitre, ne saurait être joueur et partisan politique sans risque sur sa crédibilité et sur sa sécurité. Qu'il soit donc Magistrat digne et loyal, conformément à son serment.
Pour réussir sa mission, la Justice se doit de concilier au mieux des exigences multiples, à savoir, entre autres, l'impartialité qui repose fondamentalement sur l'indépendance et la responsabilité.
Elle a besoin, tout le monde doit s'en convaincre, d'un environnement apaisé et sécurisé, un environnement de confiance, surtout lors du processus électoral, pour mieux contribuer à la réussite de ce processus.
La crédibilité de l'institution judiciaire s'appréciera à l'aune de ces exigences qui justifient, du reste, les garanties constitutionnelles d'indépendance dont bénéficient les juges et les juridictions.
Mesdames et Messieurs,
Certaines interrogations se rapportant, au pouvoir judiciaire au regard de la réforme constitutionnelle en cours, ressemblent à bien des égards à une interpellation.
J'y répondrai, bien que j'aurais préféré ne pas participer à ce débat avant l'ouverture de la campagne référendaire, laissant, à ce stade du débat, le soin à d'autres autorités d'apporter la bonne information, l'information saine, le soin de dépolluer certaines informations, inexactement, précipitamment véhiculées et entretenues, avec tous mes respects aux hommes politiques, volontairement ou tout simplement par méconnaissance. Cela tarderait, semble-t-il, à se mettre en place, non par une malice quelconque mais simplement par le souci du respect des institutions saisies, et d'éviter toutes confusions. Ceci d'ailleurs devrait être rapidement corrigé. Ceci vient du reste de commencer.
Nous suggérons la publication de la liste de toutes les personnes et de toutes les organisations qui ont participé aux diverses rencontres (Concertations Régionales, Forum Politique National, Table Ronde, Séminaire Gouvernemental) ou qui ont été consultées par l'Assemblée Nationale.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d'abord rappeler que la Constitution actuelle, soumise pendant plusieurs années à l'épreuve de la pratique démocratique, a fait l'objet d'une évaluation de la part des forces vives de la nation à travers des débats organisés tant au plan national que régional depuis 1998.
Les divers avis exprimés dans ces concertations et échanges, dans le sens de l'amélioration de l'existant, ont été transmis au Gouvernement qui les a examinés à l'occasion d'un Séminaire, puis en Conseil des Ministres.
C'est par la suite que l'Assemblée Nationale a été saisie du projet par le Président de la République le 22 octobre 1999, il y a de cela deux ans. Je dis bien deux ans.
Au terme d'un examen approfondi, l'Assemblée Nationale du Mali, après avoir sollicité, recueilli les avis de nombreuses personnes-ressources, appartenant à diverses catégories professionnelles et restées toujours réceptives à toutes les contributions, a adopté les modifications qui lui ont été proposées en y apportant ses contributions comme c'est son droit, son pouvoir, voire son privilège. C'est l'objet de la loi N° 0054/AN - RM du 21 Juillet 2000, il y a près d'un an et demi. Je dis bien presque un an et demi.
Tout le monde se doit de respecter les délibérations de l'Assemblée Nationale sur la base du principe de la séparation des pouvoirs ; que deviendrait la République si ce principe n'était pas respecté, si chacun " voulait sa loi " ?
Nous aboutirions, non pas à la primauté du droit sur la force, mais irrésistiblement à celle de la force sur le droit, au régime de l'arbitraire.
Après que les représentants du Peuple réunis au sein de l'Assemblée Nationale se soient prononcés il y a plus d'un an, c'est le Peuple souverain lui-même tout entier, et non pas une frange, qui est appelé à faire connaître sa décision, à présent. Ce délai s'explique par le souci d'attendre la fin du recensement administratif qui devait servir à établir de bonnes listes électorales.
Où est donc l'empressement ? Où est donc l'inopportunité ? Où est donc l'entêtement ?
L'empressement, serait-ce le respect de la mise en oeuvre de l'acte 2 et dernier de la phase référendaire, l'acte premier ayant été accompli depuis presque un an et demi ?
La démarche du 23 décembre est d'essence constitutionnelle et il s'agit de la validation d'une Loi Constitutionnelle par le peuple souverain.
L’inopportunité, serait-ce les convenances partisanes, corporatistes et personnelles ?
L'entêtement, serait-ce la fidélité, le respect des principes, le sens de la parole annoncée, tenue et maintenue ?
En son temps et en d'autres lieux nous expliquerons le pourquoi de ces commentaires et aussi pourquoi on ne parle pas des très nombreuses avancées, des nombreux acquis de cette nouvelle Loi Constitutionnelle qui visent :
- à renforcer les acquis démocratiques ;
- à marquer l'ouverture et la tolérance qui fondent la nation malienne ;
- à rationaliser les organes et les institutions de la République tout en améliorant leur fonctionnalité ;
- à clarifier les règles de mise enjeu de la responsabilité
pénale du Président de la République et des membres du Gouvernement.
Certaines des avancées, réclamées depuis 1996 par toutes les
sensibilités politiques confondues, ne pouvaient être réalisées qu'au prix
d'une révision constitutionnelle.
Une Constitution n'est jamais une oeuvre achevée, une oeuvre
toute parfaite, immuable; sa révision obéit à sa norme de droit mais pas à des
coups de force ou à tout ce qui peut ressembler à des coups de force et qui
par essence constituent sa négation.
Nous devons tous nous convaincre que par respect et par confiance
en notre peuple, il est bon et sain qu'une décision de participation au vote,
quelle qu'elle soit, soit le fruit d'une intention et non d'un procès d'intention.
Mesdames et Messieurs,
Si nous avons tenu à retracer ce cheminement, c'est pour faire comprendre que les propositions de révision constitutionnelle, objet du Référendum qui sera organisé le 23 Décembre prochain, sont le fruit de larges concertations entamées depuis des mois; qu'elles procèdent non d'une génération spontanée mais d'une maturation certaine ; qu'elles ne sont pas le fait d'un groupe d'intérêt ou d'un homme seul.
C'est vrai que l'initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment au Président de la République et à l'Assemblée Nationale, conformément à l'article 118 de la Constitution du 25 février 1992. Il s'agit-là d'une exigence démocratique.
Le Président de la République, Président du Conseil Supérieur
de la Magistrature, tout ce temps n'a jamais été saisi par aucune corporation
sur les dispositions du projet de Loi Constitutionnelle ni sur la Loi Constitutionnelle
adoptée par l'Assemblée Nationale. Tout ce temps pendant lequel le recensement
administratif a été effectué, la Délégation Générale aux Elections installée,
tous les démembrements de la CENI à tous les niveaux mis en place. Sans rien.
Bien vrai, qu'aujourd'hui, le rendez-vous électoral est là.
Mesdames et Messieurs,
Il a été exprimé une inquiétude par rapport à la disparition de la Cour suprême ; on estime que le pouvoir judiciaire se trouve dilué dans les profondeurs de la Constitution, que l'on ne sait plus qui en est le véritable détenteur.
Il est vrai que la Cour Suprême est considérée comme l'emblème du pouvoir judiciaire dans notre pays. Son prestige est incontestable. Elle tire sa force de la qualité des hommes et des femmes qui l'ont animée et qui l'animent à présent.
Les mutations suscitent généralement peine et inquiétude, même quand elles conduisent à la rénovation, à la renaissance, en cours ailleurs dans plusieurs pays depuis longtemps. Ce pouvoir judiciaire est-il dilué, dans ces pays où existent un Conseil d’Etat, une Cour des Comptes, une Cour de Cassation ? Nous pourrions encore citer d'autres mutations non spécifiques au Mali. Cela viendra peut-être un jour par le cheminement et la consolidation de notre démocratie, des mutations, donc nouvelles chez nous, aujourd'hui mais en cours dans certains pays démocratiques. Par exemple, au pays de Montesquieu qui est un pays démocratique, un pays à tradition démocratique établi, je crois, et dans bien d'autres, le président du Conseil Constitutionnel est désigné par le Président de la République ; les membres par le Président de la République, le président du Sénat, le président de l'Assemblée Nationale, peut-être, entre autres raisons, pour réduire les risques corporatistes, pour mieux souligner à travers le choix de ces chefs d'Institutions que la justice est rendue au nom du peuple.
Dans ces pays, le Président de la République prête serment devant le Conseil Constitutionnel constitué, il faut le dire, majoritairement de juristes, je dis bien de juristes, comme dans toutes nos Constitutions.
Dans d'autres grands pays démocratiques à traditions différentes, les juges sont même élus et contrôlés par les élus du peuple, pour certainement mieux souligner l'essence populaire, la légitimité populaire du pouvoir, la légitimité sur tout pouvoir.
Dans nos pays, dans notre pays singulièrement, certains nourrissent beaucoup de méfiance, sinon de la défiance, vis-à-vis des élus, sans doute avec quelques raisons que nous voudrions conjoncturelles dans une démocratie nouvelle et avec de jeunes partis politiques à consolider. Mais, chacun doit se souvenir que la légitimité populaire est à la base de tout régime démocratique, que la souveraineté du peuple est au-dessus de tout.
Les mutations, disais-je, suscitent
généralement peine et inquiétude, même quand elles conduisent à la rénovation,
à la renaissance. Cela, nous le comprenons, mais nous ne doutons pas de la capacité
d'adaptation de ceux qui ont dédié leur vie à la promotion du Droit, de la Justice.
Ils sont nombreux, très nombreux à n'avoir toujours pensé qu'à la place de la Justice, toute sa place dans l'équilibre des pouvoirs,
au service du peuple.
Ils sont encore nombreux, très nombreux, à n'avoir jamais pensé
à prendre en " otage " les Institutions, à n'avoir jamais pensé à
exercer " une dictature de la justice " qui ne pourrait provenir que
de déviances et qui n'aurait pour résultat que de conduire à la dictature tout
court, la négation du droit, de l'Etat de droit, à n'avoir jamais pensé à constituer
une " République des juges " où les juges s'arrogent tous les pouvoirs
législatif, exécutif, judiciaire, ou bien empiéteront sur tous les pouvoirs.
Nous sommes convaincus qu'ils continueront à donner le meilleur d'eux-mêmes dans les structures nouvelles qui enrichiront et renforceront l'environnement juridique de notre pays, pour conforter le processus démocratique.
S'agissant de la responsabilité pénale de ceux qu'on a appelés les détenteurs du pouvoir exécutif, je suis convaincu que les membres de la famille judiciaire, maîtrisant plus que quiconque l'organisation des pouvoirs conformément aux dispositions constitutionnelles, sauront sereinement faire la part du Droit au-delà des appréciations circonstancielles ou émotionnelles.
Les débats qui s'établissent sur des questions de cette nature sont un signe de vitalité de la démocratie, pourvu que la passion n'étouffe pas la raison, que le droit ne s'efface pas devant le désir, que la lettre ne violente pas l'esprit, que l'on lise bien aussi la lettre, que l'on n'y lise pas ce qui n'est pas écrit ni dit, pour semer la confusion et faire diversion.
Mesdames et Messieurs,
L'institution judiciaire doit inspirer non la crainte mais le respect, c'est là une de nos convictions. L'argument de la force doit s'effondrer sous la poussée de la force de l'argument, c'est là une de nos certitudes.
Puisse la source limpide et inaltérable du Droit continuer à nous inspirer et à nourrir nos pensées.
Mesdames et Messieurs.
L'Etat de droit s'accommode mal d'une Justice qui faiblit, d'une Justice en déclin.
Je sais que vous avez à coeur de relever le défi, d'offrir à notre peuple une justice digne de ses ambitions, digne des valeurs qu'il cultive sur le terreau de l'équité, de la vérité et de la démocratie.
Pour accomplir cette mission élevée, j'allais dire ce sacerdoce, vous avez besoin du soutien et de la compréhension de tous. Les Pouvoirs Publics à cet égard vous accompagneront. Chacun doit comprendre que l'institution judiciaire doit être sécurisée à tous égards, non pour le juge mais pour le justiciable et la société.
La mise en oeuvre de l'important Programme de Développement de la Justice (PRODEJ) conférera à l'institution judiciaire dans son ensemble, plus de présence aux côtés des justiciables, plus d'efficacité et de pertinence dans le traitement des dossiers.
Nous devrons accélérer la mise en place, voire anticiper sur le calendrier en vue de certaines dispositions du Programme Décennal de Développement de la Justice (PRODEJ), par exemple la construction des Palais de Justice et des maisons des juges.
L'amélioration de la qualité des ressources humaines à travers la formation et l'information est, et demeure fondamentalement une condition essentielle du succès de l'entreprise.
Il nous plaît ici de saluer, d'une part l'adhésion de nombre de cadres nationaux à cette réforme capitale et d'autre part le précieux accompagnement de nos partenaires techniques et financiers, auxquels nous tenons à témoigner notre profonde reconnaissance.
Mesdames et Messieurs,
Nous adressant à l'ensemble de la famille judiciaire, magistrats, avocats, notaires, huissiers de justice, commissaires-priseurs, officiers et agents de police judiciaire, greffiers et secrétaires de greffes et parquets, surveillants de prison, éducateurs sociaux et autres experts judiciaires, nous voudrions lui dire que nous savons que sa mission est délicate et comporte une certaine dose d'ingratitude. C'est cela aussi la rançon de la responsabilité.
Nous sommes convaincus que votre engagement à préserver les libertés, l'Etat de droit et la vie est inébranlable.
Le moratoire non formel que nous avons observé, à la suite d'autres, sur la peine capitale depuis notre prise de fonction le 8 juin 1992, grâce à votre compréhension, grâce à votre engagement, doit aller plus loin et sans plus tarder.
Ni l'attentat terroriste inadmissible, injustifiable, inclassable, inoubliable du 11 septembre 2001 à New York ;
Ni le rapt lâche d'enfants dans les écoles du Burundi
Ni le viol odieux de bébés en Afrique du Sud par des monstres qui veulent nous imposer l'inhumanité, ne doivent nous faire douter de la force et de la grandeur de l'Homme, de la chance d'être Homme par la gloire de Dieu.
Au delà des différences idéologiques, politiques, religieuses, nous devons, à la suite de nombreux pays, de nombreux être humains, les plus nombreux aujourd'hui, à la suite du poète et de l'avocat, aller vers " l'abolition pure, simple et définitive de la peine de mort " .
Nous sommes convaincus aussi, Mesdames et Messieurs, que vous saurez transformer le flot de doute et de scepticisme des foules muettes en un puissant courant de sympathie, de certitude et d'espoir.
Espoir d'une meilleure distribution de la Justice, garante de la paix et de la stabilité sociale.
Espoir d'une Justice qui se maintient au-dessus des miasmes du marais fumant, pour que l'aile du droit et du juste attire, fascine et sécurise le citoyen.
Espoir d'une justice au service de la démocratie et des Droits de l'Homme.
Confiance dans le destin de notre grand pays, grâce à l'action des femmes et des hommes réunis ici au sein de la famille judiciaire qui a occupé toute sa place au sein du mouvement populaire de mars 1991 et au sein du processus démocratique en cours, qui a tenu les élections de 1997 préservant le droit contre les logiques de violence, voire anti-constitutionnelles de prise de pouvoir.
Aujourd'hui, plus que jamais, confiance au Mali grâce à tous ces veilleurs " de l'Etat de droit, à toutes ces " sentinelles " de la liberté, singulièrement à ces magistrats si souvent exposés, quelquefois incompris, vis à vis desquels on est si exigent à juste raison, disponibles malgré tout au dialogue, perfectibles à n'en pas douter, ayant conscience du besoin constant de mesure, de distance, de retenue, d'humilité.
C'est fondamentalement avec ces graines seules, ces graines authentiques, parmi
elles de nombreuses bonnes graines, que nous allons faire la substance démocratique
de notre développement, que nous allons nourrir nos Rentrées et nos Années Judiciaires
à l'instar de l'Année Judiciaire 2001 - 2002 que je déclare ouverte. Avec un
voeu, mon Dieu !
A notre grand peuple, tout son pouvoir, tout le pouvoir.
A lui et à lui seul, tout ce qui est à lui.
Et que par Ta grâce, dans la quiétude, dans le respect de l'autre,
dans le respect de soi, dans le respect de l'intérêt public, de l'Etat de droit,
sur la base de compromis seulement démocratique, le témoin soit bien transmis
à cette femme ou à cet autre homme qui, dans un an, perpétuera cette noble tradition
!
Je vous remercie.
NOTE EXPLICATIVE SUR LES MODIFICATIONS DE LA CONSTITUTION DU 25 FEVRIER 1992
MINISTÈRE
DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE
ET
DES COLLECTIVITES LOCALES
SECRÉTARIAT
GÉNÉRAL DU GOUVERNEMENT
|
NOTE INTRODUCTIVE La Constitution, également appelée Loi Fondamentale est la loi suprême qui organise l'Étel et fixe le statut du pouvoir dans l’Etat en garantissant des libertés aux citoyens. Une constitution est une oeuvre humaine et comme telle elle n'est pas parfaite et elle est appelée à évoluer avec la société. La révision de la constitution c'est‑à‑dire la modification de certaines de ses dispositions est le moyen d'adapter la constitution aux changements, de répondre à des attentes ou de provoquer des évolutions. La Constitution, adoptée par référendum le 12 janvier 1992 et promulguée le 25 février 1992, est l'acte fondateur de la IIIeme République. Le fonctionnement pendant près d'une décennie des institutions démocratiques mises en place par la Constitution a fait ressortir la nécessité d'apporter des modifications à la Constitution. Le processus de révision, mis en oeuvre à cet effet, a abouti à l'adoption d'une loi constitutionnelle par ~ l'Assemblée Nationale. Le référendum prévu pour le 23 décembre va permettre au peuple de se prononcer sur la révision proposée. Le présent document récapitule les modifications à apporter à la Constitution
accompagnées de commentaires qui explicitent le sens et la portée desdites modifications. |
|
EN VIGUEUR ARTICLE 5 : l'Etat reconnaît et garantit, dans les conditions fixées par la loi, la liberté d'aller et venir, le libre choix de la résidence, la liberté d'association, de réunion, de cortège et de manifestation |
PROJET Article 5 (Nouveau) : Sont reconnus et garantis, dans les conditions fixées par la loi, la liberté d'aller et venir, le libre choix de la résidence, la liberté d'association, de réunion, de cortège et de manifestation. |
|
|
Les libertés dont il s'agit sont des droits que possèdent les individus indépendamment d'une reconnaissance ou d'une garantie de l'Etat. La loi seule fixe les conditions d'exercice de ces libertés. Du reste, ce style rédactionnel adopté pour l'article 5 nouveau
est le même que celui utilisé pour les articles 7, 8, 13, 14, 17, 18
et 19 qui portent également sur les droits et les libertés. |
||
|
ARTICLE 7 : La liberté de presse est reconnue et garantie. Elle s'exerce dans les conditions fixées par la loi. L'égal accès pour tous aux média d'Etat est assuré par un organe indépendant dont le statut est fixé par une loi organique |
Article 7 (Nouveau) : La liberté de presse et la liberté d'informer sont reconnues
et garanties. |
|
|
Cet article
consacre en plus de la liberté de presse, la liberté d'informer. En
outre, il va permettre de faire assurer par un organe unique les missions
de régulation de la communication et de gestion de l'égal accès aux
médias d'Etat. Ces deux missions sont assurées aujourd'hui par deux
organes distincts : le Conseil Supérieur de la Communication et le Comité National de
l'Egal Accès aux Médias d'Etat. |
||
|
|
|
|
|
Le caractère obligatoire est affirmé pour l'enseignement d'une façon générale et non plus seulement pour l'enseignement public et une loi déterminera les conditions dans lesquelles l'enseignement sera rendu obligatoire |
||
|
ARTICLE 25 : Le Mali une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque, et sociale. Son principe est le gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple. Les institutions de la République sont: le Président de la République le Gouvernement ; l’Assemblée Nationale la Cour Suprême ; la Cour Constitutionnelle la Haute Cour de Justice le Haut Conseil des Collectivités Territoriales le Conseil Economique, Social et Culturel. L'Emblème national est composé de trois bandes verticales et égales de couleurs vert, or et rouge. La devise de la République est " Un Peuple ‑ Un But ‑ Une Foi L'Hymne National est "LE MALI". La loi détermine le sceau et les armoiries de la République. Le Français est la langue d'expression officielle. La loi fixe les modalités de promotion et d'officialisation des langues nationales. |
Article 25 (Nouveau) : Le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque et sociale. Son principe est le gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple. Les institutions de la République sont: ‑le Président de la République ‑le Gouvernement ; ‑l'Assemblée Nationale ‑le Haut Conseil des Collectivités ‑la Cour Constitutionnelle ; ‑le Conseil Economique, Social et Culturel. Le pouvoir judiciaire est exercé par les Cours et Tribunaux dont les décisions sont rendues et exécutées au nom du peuple malien. L'emblème national est composé de trois bandes verticales et égales de couleurs vert, or et rouge. La devise de la République est "Un Peuple ‑ Un But ‑ Une Foi". L'hymne national est "LE MALI". La loi détermine le sceau et les armoiries de la République. La loi fixe les modalités de promotion et d'officialisation des langues nationales. Le Français est la langue d'expression officielle. |
|
|
Le nombre des Institutions de la République a été réduit de huit (8) à six (6). La Cour Suprême et la Haute Cour de Justice ne font plus partie des Institutions de la République. La Cour Suprême va éclater pour donner naissance à trois hautes juridictions : la Cour de Cassation, le Conseil d'Etat et la Cour des Comptes. La Haute Cour de Justice étant une juridiction organiquement et fonctionnellement reliée à l’assemblée Nationale , il n'y a pas de pertinence à l'ériger en institution au même titre que l’assemblée Nationale. |
||
|
ARTICLE 27 Alinéa 2: Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la Loi, tous les citoyens en âge de voter, jouissant de leurs droits civiques et politiques. |
Article 27 Alinéa 2(Nouveau) : Tous les citoyens sont électeurs et éligibles dans les conditions déterminées par la loi. |
|
|
Cette formulation nouvelle ajoute au droit de tout citoyen d'être électeur un autre droit fondamental, celui d'être éligible dans les conditions que la loi détermine. |
||
|
Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l'intégrité du territoire, de l'unité nationale et la laïcité de l'Etat. |
Les partis politiques et les groupements de partis politiques concourent à l'expression du suffrage et contribuent à l'éducation civique et politique des citoyens et à la consolidation de la démocratie. Les partis politiques se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la loi. Ils ont le devoir de respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l'intégrité du territoire, de l'unité nationale et la laïcité de l'État. |
|
|
Commentaire Les fonctions des partis politiques sont élargies Leur rôle ne se limite pas seulement à concourir à l'expression du suffrage (fonction électorale); il est précisé que les partis doivent contribuer à l'éducation civique et politique des citoyens et à la consolidation de la démocratie. |
||
|
ARTICLE 30 : Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n'est rééligible qu'une seule fois. |
Article 30 (Nouveau) : Le Président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. La durée du mandat est de cinq ans. Nul ne peut exercer plus de deux mandats. |
|
|
Avec cette nouvelle formulation la
limitation du nombre de mandants présidentiels à deux est affirmée
sans aucune ambiguïté |
||
|
ARTICLE 31 : Tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malienne d'origine et jouir de tous ses droits civiques et politiques. |
Article 31 (Nouveau) : Tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malienne et jouir de tous ses droits civiques et politiques. |
|
|
Pour être candidat à l'élection présidentielle, l'exigence d'être de nationalité malienne d'origine est remplacée par celle d'être de nationalité malienne. Ce changement répond au souci de prévenir les querelles de nationalité et les exclusions qui résultent le plus souvent des interprétations divergentes de la disposition concernée et qui peuvent conduire à des dérives. Il reste, en tous les cas, entendu
que le dernier mot dans le choix du Président revient au peuple souverain |
||
|
ARTICLE 32 : Les élections Présidentielles sont fixées vingt et un jours au moins et quarante jours au plus avant l'expiration du mandat du Président en exercice. |
Article 32 (Nouveau) : Les élections présidentielles sont fixées quarante jours au moins et soixante jours au plus avant l'expiration du mandat du Président en exercice. |
|
|
Les délais minimum et maximum de l'élection du nouveau Président suite à une fin de mandat, qui étaient de 21 jours au moins et 40 jours au plus, ont été portés à 40 jours au moins et 60 jours au plus. Compte tenu des difficultés objectives liées à l'organisation des élections dans notre pays, ces nouveaux délais posent moins de contraintes et contribuent a éviter les risques d'un vide juridique. |
||
|
ARTICLE 33 Alinéa 3: Si l'un des deux candidats désiste, le scrutin reste ouvert au candidat venant après dans l'ordre des suffrages exprimés. |
Article 33 Alinéa 3 (Nouveau) : Si l'un des deux candidats se désiste, le scrutin reste ouvert au candidat venant après dans l'ordre des suffrages obtenus. |
|
|
Cette modification répond à deux
soucis : ‑ Un souci d'ordre grammatical: " se désister
" est le terme correct. ‑ Un souci de clarification
: les suffrages en question sont bien les suffrages obtenus et
non les suffrages exprimés. |
||
|
ARTICLE 35 Alinéa 11 : Durant son mandat, le Président de la République ne peut, par lui même, ni par autrui, rien acheter ou prendre en bail qui appartienne au domaine de l'Etat, sans autorisation préalable de la Cour Suprême dans les conditions fixées par la loi. |
Article 35 Alinéa Il (Nouveau) : Durant son mandat, le Président de la République ne peut, par lui-même, ni par autrui, rien acheter ou prendre en bail qui appartienne au domaine de l'Etat, sans autorisation préalable de la Cour de Cassation dans les conditions fixées par la loi. |
|
|
La Cour Suprême qui est supprimée
dans la présente constitution est remplacée par la Cour de Cassation
à l'article 35 alinéa 1er (nouveau). |
||
|
EN VIGUEUR ARTICLE 36 Alinéa 2 : En cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que ce soit ou d'empêchement absolu ou définitif constaté par la Cour Constitutionnelle saisie par le Président de l'Assemblée Nationale et le Premier Ministre, les fonctions du Président de la République sont exercées par le Président de l'Assemblée Nationale. |
PROJET Article 36 Alinéa 2 (Nouveau) : En cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que ce soit ou d'empêchement absolu ou définitif constaté par la Cour Constitutionnelle saisie par le Président de l'Assemblée Nationale et le Premier Ministre, les fonctions du Président de la République sont exercées par le Président de l'Assemblée Nationale et si celui-ci est à son tour empêché, par le Président du Haut Conseil des Collectivités. |
|
|
Deux autorités peuvent désormais remplacer le Président de la République dans l'exercice de ses fonctions en cas de vacance. La Constitution actuelle prévoit qu'en cas de vacance de la Présidence de la République, ses fonctions sont exercées par le Président de l’assemblée Nationale. La modification prévoit le cas où le Président de l’assemblée Nationale serait à son tour empêché. Dans cette hypothèse, c'est le président du Haut Conseil des Collectivités qui exerce les fonctions de Président de la République. Cette disposition constitue une précaution
supplémentaire utile. |
||
|
|
|
|
|
Les délais minimum et maximum de l'élection du nouveau Président suite à une vacance ou un empêchement définitif du Président en exercice, ont été augmentés : Ces délais qui étaient de 21 jours au moins et 40jours au plus, ont été portés à 45jours au moins et 60 jours au plus. Compte tenu des difficultés objectives liées à l'organisation des élections dans notre pays, ces nouveaux délais posent moins de contraintes de délai et contribuent à éviter les risques d'un éventuel vidé juridique. |
||
|
ARTICLE 36 Alinéa 5 : Dans tous les cas d'empêchement ou de vacance il ne peut être fait application des articles 38,41,42, et 50 de la présente Constitution. |
Article 36Alinéa 5 (Nouveau) : Dans tous les cas d'empêchement ou de vacance, il ne peut être fait application des articles 38,41,42, 50 et 118 de la présente Constitution. |
|
|
Lorsque le Président de l’assemblée Nationale ou le Président du Haut Conseil des Collectivités remplace le Président de la République, il ne peut exercer à ce titre les pouvoirs suivants nomination et révocation du Premier Ministre et des membres du gouvernement; soumission d'une loi au référendum dissolution de l’assemblée Nationale exercice des pouvoirs de crise. La modification ajoute à cette liste l'interdiction de prendre l'initiative d'une révision constitutionnelle. Cette interdiction se justifie par le fait qu'il faut éviter que celui qui exerce de façon temporaire la fonction de Président de la République ne procède à une réforme constitutionnelle pour modifier à son profit les règles du jeu. |
||
|
ARTICLE 37 : Le Président élu entre en fonction quinze jours après la proclamation officielle des résultats. Avant d'entrer en fonction, il prête devant la Cour Suprême le serment suivant : "JE JURE DEVANT DIEU ET LE PEUPLE MALIEN DE PRESERVER EN TOUTE FIDELITE LE REGIME REPUBLICAIN DE RESPECTER ET DE FAIRE RESPECTER LA CONSTITUTION ET LA LOI, DE REMPLIR MES FONCTIONS DANS L'INTERET SUPERIEUR DU PEUPLE, DE PRESERVER LES ACQUIS DEMOCRATIQUES, DE GARANTIR L'UNITE NATIONALE, L'INDEPENDANCE DE LA PATRIE ET L'INTEGRITE DU TERRITOIRE NATIONAL. JE M'ENGAGE SOLENNELLEMENT ET SUR L'HONNEUR A METTRE TOUT
EN OEUVRE POUR LA REALISATION DE L'UNITE AFRICAINE. " |
Article 37 (Nouveau) : Le Président élu entre en fonction quinze jours après la proclamation officielle des résultats. Avant d'entrer en fonction, il prête devant la Cour Constitutionnelle le serment suivant : " JE JURE DEVANT DIEU ET LE PEUPLE MALIEN. DE PRESERVER EN TOUTE FIDELITE LE REGIME REPUBLICAIN, DE RESPECTER ET DE FAIRE RESPECTER LA CONSTITUTION ET LA LOI, DE REMPLIR MES FONCTIONS DANS L'INTERET SUPERIEUR DU PEUPLE, DE PRESERVER LES ACQUIS DEMOCRATIQUES, DE GARANTIR L'UNITÉ NATIONALE, L'INDEPENDANCE DE LA PATRIE ET L'INTEGRITE DU TERRITOIRE NATIONAL. JE M'ENGAGE SOLENNELLEMENT ET SUR L'HONNEUR A METTRE TOUT EN OEUVRE POUR LA REALISATION DE L'UNITÉ AFRICAINE. " |
|
|
Après la cérémonie d'investiture et dans un délai de 48 heures, le Président de la Cour Suprême reçoit publiquement la déclaration écrite des biens du Président de la République. Cette déclaration fait l'objet d'une mise à jour annuelle. |
Après la cérémonie d'investiture et dans un délai de 48 heures, le Président de la Cour de Cassation reçoit publiquement la déclaration écrite des biens du Président de la République. Cette déclaration fait l'objet d'une mise à jour annuelle et en fin de mandat |
|
|
Avec l'article 37 nouveau : ‑ la prestation de serment du Président élu a lieu devant la Cour Constitutionnelle et non devant la Cour Suprême qui est supprimée ; ‑ la déclaration des biens qui faisaient seulement l'objet d'une mise à jour annuelle devra également être faite enfin de mandat. Cette nouvelle disposition vise à renforcer la transparence. |
||
|
ARTICLE 40 : Le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement du texte définitivement adopté. Il peut avant l'expiration de ce délai demander à l'Assemblée Nationale une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée et suspend le délai de promulgation. En cas d'urgence, le délai de promulgation peut être ramené à huit jours. |
Article 40 (Nouveau) : Le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement du texte définitivement adopté. Il peut, avant l'expiration de ce délai, demander à l'Assemblée Nationale une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée et suspend le délai de promulgation. Si la loi n'est pas promulguée à l'expiration du délai de promulgation, le Président de l'Assemblée Nationale peut saisir la Cour Constitutionnelle qui déclare la loi exécutoire, si elle est conforme à la Constitution. En cas d'urgence déclarée par le Président de l'Assemblée Nationale, le délai de promulgation peut être ramené à huit jours. |
|
|
La Constitution actuelle ne prévoit aucune mesure palliative au cas où le Président de la République ne promulguait pas la loi dans le délai de 15 jours qui lui est imparti. La révision constitutionnelle permet désormais de combler ce vide. Ainsi lorsque la loi n'est pas promulguée à l'expiration du délai de 15jours, le Président de l’assemblée Nationale peut saisir la Cour constitutionnelle qui la déclare exécutoire après avoir vérifié sa constitutionnalité. Par ailleurs, il est précisé que c'est au Président de l’assemblée Nationale de déclarer l'urgence pour abréger le délai de promulgation. |
||
|
ARTICLE 41 Alinéa 1": Le Président de la République sur proposition du Gouvernement, pendant la durée des sessions ou sur proposition de l'Assemblée Nationale, après avis de la Cour Constitutionnelle publié au Journal Officiel, peut soumettre au Référendum toute question d'intérêt national, tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, comportant approbation d'un accord d'union ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des Institutions. |
ARTICLE 41 Alinéa P,' (Nouveau) : Hormis la révision de la Constitution, le Président de la République, sur proposition du Gouvernement, pendant la durée des sessions ou sur proposition de l'Assemblée Nationale, après avis de la Cour Constitutionnelle publié au Journal Officiel, peut soumettre au Référendum toute question d'intérêt national, tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics comportant approbation d'un accord d'union ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution aurait des incidences sur le fonctionnement des Institutions. |
|
|
La
disposition ajoutée, "hormis la révision de la Constitution",
signifie que l'article 41 ne peut être utilisé pour réviser la Constitution.
Toute révision constitutionnelle devra emprunter la voie du titre XVI
(article 118) spécifiquement consacré à la révision. La différenciation
ainsi établie entre la procédure et les domaines du référendum organisé
sur la base de l'article 41 et la procédure à mettre en œuvre en cas
de révision de la Constitution (article 118) est un élément de clarification
qui va faciliter la lecture de notre Constitution. |
||
|
ARTICLE 42 Alinéa 2 : Les élections générales ont lieu vingt et un jours au moins et quarante jours au plus, après la dissolution. |
ARTICLE 42 Alinéa 2 (Nouveau) : Les élections générales ont lieu quarante-cinq jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus après la dissolution. |
|
|
Commentaire Les délais minimum et maximum des élections législatives
suite à la dissolution de l’assemblée Nationale ont été augmentés. La révision constitutionnelle a porté ces délais à 45jours au moins et 90jours au plus après la dissolution. L'augmentation de ces délais est
justifiée par la nécessité de tenir compte des difficultés objectives
liées à l'organisation des élections dans notre pays. Des délais très
courts ou trop justes peuvent, en cas de difficultés d'organisation des élections,
conduire à un vide juridique. |
||
|
EN VIGUEUR ARTICLE 46 Alinéa 3 : Le Grand Chancelier des Ordres Nationaux, les Officiers Généraux. Les Ambassadeurs et Envoyés Extraordinaires, les Gouverneurs de Région, les Directeurs des Administrations Centrales sont nommés par décret pris en Conseil des Ministres. |
PROJET ARTICLE 46 Alinéa 3 (Nouveau) : Le Grand Chancelier des Ordres Nationaux, les Officiers Généraux, les Ambassadeurs et Envoyés Extraordinaires, les Représentants de l'ETAT au niveau des Régions, les Directeurs des Administrations Centrales sont nommés par décret pris en Conseil des Ministres. |
|
|
La modification substitut à l'appellation " Gouverneurs
de région ", celle de " Représentants de l'ETAT au niveau
des Régions ". Cette formulation plus générale permet d'éviter
que les changements souvent fréquents d'appellation des titulaires de
ces fonctions ne se répercutent sur la Constitution. |
||
|
ARTICLE 47: Les Membres de la Cour Suprême sont nommés par décret pris en Conseil des Ministres. |
Article 47 (Nouveau) : Les Membres de la Cour de Cassation, du Conseil d'ETAT et de la Cour des Comptes sont nommés par décret pris en Conseil des Ministres. Le Président de la Cour de Cassation est nommé par le Président de la République sur proposition conforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. |
|
|
L'article 47 (Nouveau) indique les modes de nomination des membres de la Cour de Cassation, du Conseil d'ETAT de la Cour des Comptes. Cependant, pour le Président de la Cour de Cassation, juridiction suprême de l'ordre judiciaire il est précisé que sa nomination a lieu sur proposition conforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. Le mode de nomination des présidents du Conseil d'ETAT et de la Cour des Comptes sera précisé dans la loi organique relative à ces hautes juridictions (article 81‑1 nouveau). |
||
|
ARTICLE 50 Alinéa 1" : Lorsque les Institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité du territoire national, l'exécution de ses engagements internationaux sont menacés d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exceptionnelles exigées par ces circonstances, après consultation du Premier Ministre, des Présidents de l'Assemblée Nationale et du Haut Conseil des Collectivités ainsi que de la Cour Constitutionnelle. |
ARTICLE 50 Alinéa (Nouveau) : Lorsque les Institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité du territoire national ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exceptionnelles exigées par ces circonstances, après consultation du Premier Ministre, des Présidents de l'Assemblée Nationale et du Haut Conseil des Collectivités ainsi que de la Cour Constitutionnelle. |
|
|
Commentaire
L'article 50 Alinéa (Nouveau) substitue le "ou"
à la virgule pour préciser que chacune des causes évoquées suffit à
elle seule pour justifier le recours du Président de la République à
des mesures exceptionnelles. |
||
|
ARTICLE 51 Alinéa 2 : Les actes du Président de la République autres que ceux prévus aux articles 38, 41, 42, 45 et 50 ainsi que l'alinéa premier du présent article sont contresignés par le Premier Ministre et le cas échéant par les Ministres concernés. |
ARTICLE 51 Alinéa 2 (Nouveau) : Les actes du Président de la République autres que ceux prévus aux articles 38 alinéa premier, 41, 42, 45 et 50 ainsi qu'à l'alinéa premier du présent article sont contresignés par le Premier Ministre et le cas échéant par les Ministres concernés. |
|
|
||
|
ARTICLE 52 : La loi fixe les avantages accordés au Président de la République et organise les modalités d'octroi d'une pension aux anciens Présidents de la République jouissant de leurs droits civiques. |
Article 52 (Nouveau) : La loi fixe les avantages accordés au Président de la République et organise les modalités d'octroi d'une pension aux anciens Chefs d'Etat jouissant de leurs droits civiques. |
|
|
L'article 52 (Nouveau) remplace "Président
de la République" par "Chefs d'Etat"pour prendre en compte
le cas des personnalités ayant été Chefs de l'Etat sans avoir été Présidents
de la République. |
||
|
ARTICLE 57 : Avant d'entrer en fonction le Premier Ministre et les Ministres doivent remettre au Président de la Cour Suprême la déclaration écrite de leurs biens. Cette déclaration fait l'objet d'une mise à jour annuelle. Les dispositions de l'article 35 ci-dessus sont applicables aux membres du Gouvernement. |
Article 57 (Nouveau) : Lors de leur entrée en fonction et à leur sortie, le Premier Ministre et les Ministres sont tenus de remettre au Président de la Cour de Cassation la déclaration écrite de leurs biens. Cette déclaration fait l'objet d'une mise à jour annuelle. Les dispositions de l'article 35 ci-dessus sont applicables aux membres du Gouvernement. La loi peut soumettre à l'obligation de déclaration de leurs biens les personnes élues ou nommées à certaines fonctions et charges publiques. |
|
|
Les modifications apportées à cet article ont pour objet de préciser le moment (entrée et sortie de fonction) où les membres du Gouvernement doivent remettre la déclaration écrite de leurs biens. En outre, elles ouvrent la possibilité de soumettre d'autres personnes élues ou nommées à l'obligation de déclaration de leurs biens |
||
|
ARTICLE 58 : Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l'exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à l'échelle nationale ou locale, de tout emploi public ou de toute activité professionnelle et lucrative. Une loi organique fixe les conditions dans lesquelles il est pourvu au remplacement des titulaires de tel mandat, fonctions ou emplois. Le remplacement des membres du Parlement appelés au Gouvernement a lieu conformément aux dispositions de l'article 63. |
L'article 58 du Titre IV de la Constitution est complété par un quatrième alinéa ainsi formulé: Article 58 Aliéna «Nouveau) : La loi fixe les avantages accordés aux membres du Gouvernement et détermine les conditions et modalités d'allocation d'une pension aux anciens membres du Gouvernement jouissant de leurs droits civiques. |
|
|
Commentaire L'article 58 alinéa 4 introduit le principe de l'allocation d'une pension aux anciens membres du Gouvernement jouissant de leurs droits civiques. Cette disposition va sécuriser les membres du Gouvernement après leur sortie de fonction. |
||
|
|
Article 59 (Nouveau) : L'Assemblée Nationale assure la représentation nationale. |
|
|
||
|
EN VIGUEUR ARTICLE 61 : Les Députés sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct. Une loi fixe les modalités de cette élection. |
PROJET Article 61 (Nouveau) : Les députés sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct. La loi détermine le mode d'élection des députés. L'élection a lieu au scrutin majoritaire ou à la représentation proportionnelle ou selon un système mixte combinant le scrutin majoritaire et la représentation proportionnelle. |
|
|
La Constitution, dans sa formulation actuelle, laisse le
soin à la loi de fixer les modalités d'élection des députés. Avec la
révision, il est précisé que ladite élection pourra avoir lieu au scrutin
majoritaire, à la représentation proportionnelle ou au scrutin mixte.
Ces modes de scrutin acquièrent de ce fait le caractère d'une norme
constitutionnelle; ce qui a pour conséquence que l'adoption de l'un
ou l'autre de ces modes de scrutin dans la loi électorale ne devrait
pas, dans le principe, rencontrer d'obstacles juridiques tirés de leur
non conformité à la Constitution. |
||
|
ARTICLE 65 : L'Assemblée Nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an. La première session s'ouvre le premier lundi du mois d'Octobre.
|
Article 65 (Nouveau) : L'Assemblée Nationale se réunit de plein droit en trois sessions ordinaires par an. La première session S'ouvre le premier jour ouvrable de février et prend fin le dernier jour ouvrable d'avril. La deuxième session s'ouvre le premier jour ouvrable de juin et prend fin le dernier jour ouvrable d'août. La troisième session s'ouvre le premier jour ouvrable d'octobre et prend fin le dernier jour ouvrable de décembre. |
|
|
Les sessions ordinaires de l’assemblée Nationale sont portées de deux à trois. Le recours aux sessions extraordinaires est devenu une pratique trop courante. Cela témoigne de l'insuffisance du temps imparti aux sessions ordinaires. C'est pour remédier à cette situation que l’assemblée Nationale se réunira désormais en trois sessions ordinaires d'une durée d'environ trois mois chacune; soit une durée totale de 9 mois au lieu de 5 mois et demi actuellement dans l'année. |
||
|
ARTICLE 66 : L'Assemblée Nationale se réunit en session extraordinaire à la demande du premier Ministre ou de la Majorité de ses membres sur un ordre du jour déterminé. Lorsque la session extraordinaire est tenue à la demande des membres de l'Assemblée Nationale, le décret de clôture intervient dès que l'Assemblée Nationale a épuisé l'ordre du jour pour lequel elle a été convoquée et au plus tard quinze jours à compter de sa date de réunion. Le Premier Ministre peut demander une nouvelle session avant l'expiration du mois qui suit le décret de clôture et sur un ordre du jour déterminé. |
Article 66 (Nouveau) : L’Assemblée Nationale est réunie en session extraordinaire à la demande du Premier Ministre ou de la majorité de ses membres sur un ordre du jour déterminé. Lorsque la session extraordinaire est tenue à la demande des membres de l'Assemblée Nationale, le décret de clôture intervient dès que l'Assemblée Nationale a épuisé l'ordre du jour pour lequel elle a été convoquée et au plus tard quinze jours à compter de sa date de réunion.
|
|
|
Deux
modifications sont introduites. A l'alinéa premier, la nouvelle formulation
est l’Assemblée Nationale "est réunie" et non "se réunit"
étant donné que c'est un décret du Président de la République qui convoque
l’Assemblée en session extraordinaire. Au dernier alinéa la précision
est faite que le Premier Ministre est seul à pouvoir demander une nouvelle
session. |
||
|
EN VIGUEUR ARTICLE 66 : L'Assemblée Nationale se réunit en session extraordinaire à la demande du premier Ministre ou de la majorité de ses membres sur un ordre du jour déterminé. Lorsque la session extraordinaire est tenue à la demande des membres de l'Assemblée Nationale, le décret de clôture intervient dès que l'Assemblée Nationale a épuisé l'ordre du jour pour lequel elle a été convoquée et au plus tard quinze jours à compter de sa date de réunion. Le Premier Ministre peut demander une nouvelle session avant l'expiration du mois qui suit le décret de clôture et sur un ordre du jour déterminé. |
PROJET Article 66 (Nouveau) : L’Assemblée Nationale est réunie en session extraordinaire à la demande du Premier Ministre ou de la majorité de ses membres sur un ordre du jour déterminé. Lorsque la session extraordinaire est tenue à la demande des membres de l'Assemblée Nationale, le décret de clôture intervient dès que l'Assemblée Nationale a épuisé l'ordre du jour pour lequel elle a été convoquée et au plus tard quinze jours à compter de sa date de réunion.
|
|
|
Deux modifications
sont introduites. A l'alinéa premier, la nouvelle formulation est l’Assemblée
Nationale "est réunie" et non "se réunit" étant
donné que c'est un décret du Président de la République qui convoque
l’Assemblée en session extraordinaire. Au dernier alinéa la précision
est faite que le Premier Ministre est seul à pouvoir demander une nouvelle
session |
||
|
EN VIGUEUR |
PROJET |
|
|
ARTICLE 70 : La loi est votée par l'Assemblée Nationale à la majorité simple. La
loi détermine également les principes fondamentaux : - de l'organisation et de la compétence des ordres professionnels ; - de l'enseignement et de la recherche ; - de la protection du patrimoine culturel et archéologique ; - de la comptabilité publique ; ‑ des nationalisations d'entreprises, des dénationalisations et du transfert de propriété d'entre‑ prises du secteur public au secteur privé ; - du régime électoral ; - de la libre administration des collectivités locales, de leur compétence et de leurs ressources - de l'organisation administrative du territoire - de la gestion et de l'aliénation du domaine de l'Etat ; de l'organisation de la production - de l'organisation de la justice - du régime pénitentiaire. La loi des Finances détermine les ressources et les charges de l'Etat. Le Plan est adopté par l'Assemblée Nationale. Il fixe les objectifs de l'action économique et sociale de l'Etat. |
Article 70 (Nouveau) :
La loi est votée par l'Assemblée Nationale à la majorité simple. | |