|
|
|
LA RÉFORME DE LA JUSTICE AU MALI
|
|
|
Forum National sur la Justice au
Mali
ÉTAT DES LIEUX
DE LA JUSTICE
RAPPORT D'ATELIER
Le vendredi 02 avril 1999 dans la salle B23 du Palais
des Congrès de Bamako s'est tenu l'Atelier sur l'Etat des
lieux dans le cadre du Forum National sur la justice au Mali.
L'Atelier était présidé par Monsieur Diango
SISSOKO, ancien ministre de la justice, garde des sceaux du Mali et
avait nommé rapporteur Monsieur Ibrahim dit Badou MAIGA juge
d'Instruction chargé du 4e cabinet des T.P. de la commune
III.
En plus des personnes dont les noms figurent
sur la liste en annexe au présent rapport, l'Atelier a
enregistré la participation de :
- Monsieur Amidou DIABATE, le Ministre de la
Justice, Gardes des Sceaux du Mali,
- Monsieur Paul KIMDE, Ministre de la
Justice du Burkina Faso,
- Madame Manassa DAGNOKO, Ambassadeur du
Mali au Canada,
- Monsieur Arsène CAPO-CHICHI,
Premier Président de la Cour Appel du Bénin,
- Monsieur PICA, Représentant du
Ministère français de la Justice.
Conformément à la
méthodologie adoptée, l'Atelier a relevé que le
présent forum se tient à la suite du constat de
fracture profonde entre la justice et la société au nom
de laquelle elle est rendue ; de l'inadéquation du droit
positif avec certaines réalités socio-culturelles du
pays ; de l'état de dénuement général des
services judiciaires en ressources matérielles humaines et
financières, et la nécessité d'un
développement institutionnel et de modernisation desdits
services.
Sur le fondement de ce constat l'Atelier a
discuté et ordonné les conclusions ci-après
:
I. INFRASTRUCTURES ET LOGISTIQUES ET
BUDGET
Constats :
- le patrimoine immobilier de la justice
est ancien et insuffisant,
- les constructions nouvelles concernent
très peu de bâtiments,
- de nombreuses juridictions sont
logées dans des bâtiments baillés par
l'Etat.
Un effort de rénovation important a
été fait ces dernières années. Cependant
les structures des bâtiments judiciaires actuelles de travail.
Les Palis de la Justice disposent pour la plupart de surfaces
insuffisantes et sont dans un état médiocre.
Au total, les conditions de travail des
juridictions ne sont pas bonnes et la pauvreté
matérielle de la justice est réelle :
- l'utilisation des machines de traitement
de textes et des ordinateurs est très insuffisante dans les
juridictions et les agents ne sont pas bien formés aux
techniques bureautiques susceptibles d'apporter des gains de
productivité,
- l'extrême faiblesse de la part du
budget de la justice dans le budget d'Etat,
- réorganiser, réhabiliter
les espaces judiciaires, conditions de la modernisation du
fonctionnement de la justice,
- étudier la possibilité de
créer un réseau national propre à
l'institution judiciaire,
- recouvrir à l'informatique pour
rendre plus fiable et plus rapide l'établissement des
statistiques judiciaires,
- automatiser l'édition des
jugements, la tenue de fichier de l'exécution des peines,
la tenue du casier judiciaire central,
- l'échange d'informations entre
les juridictions et leurs intervenants extérieurs d'autre
part,
- préparer les personnels
judiciaires à l'utilisation de l'outil
informatiques,
- adopter l'architecture
pénitentiaire aux conditions matérielles du
pays,
- désaffecter la maison
d'arrêt de Bamako et toutes les prisons situées
à l'intérieur des camps de la garde
nationale,
- un effort financier important doit
être consenti à la justice à la hauteur de ses
missions.
II. LES PERSONNELS ET
FORMATION
A. Constats :
- insuffisance notoire des personnels
à tous les niveaux,
- l'absence de plan de carrière
adéquat et de coder de déontologie et parfois
même de statut,
- ces difficultés
rencontrées par l'institut national de formation judiciaire
chargée de former les personnels de la justice.
B. Propositions :
- Le recrutement du personnel en nombre
suffisant dans le court terme.
- la relecture du statut de la
magistrature afin de prendre en compte notamment les
problèmes suivants :
- 1. organisation et fonctionnement du
conseil supérieur de la magistrature,
- 2. le relèvement de
l'âge de la retraite à 65 ans eu égard
- 3. revaloriser la grille des
indices,
- élaboration du statut par les
greffiers secrétaires de greffes et parquets à court
terme,
- la relecture des autres statuts des
professeurs juridiques et judiciaires suivants : avocats,
notaires, huissiers, commissaires priseurs pour en combler les
lacunes et les harmoniser,
- la révision de la situation
particulière des surveillants de prisons dans le sens de la
dotation de l'ensemble des personnels des services
régionaux, subrégionaux et rattachés de
l'administration pénitentiaire d'un statut spécial
complétant le statut général des
fonctionnaires en ce qui les concerne et de statuts
particuliers,
- l'élaboration de code de
déontologie propre à chaque corps judiciaire,
- la formation continue obligatoire du
personnel.
L'INADAPTATION DES
TEXTES
A. Constats :
- la plupart des textes sont presque
d'inspiration étrangère et ne tiennent pas comptent
des réalités actuelles du pays,
- la législation applicable
contient beaucoup de lacunes et faiblesses.
B. Propositions :
- la relecture des textes usuels afin de
les adapter à nos réalités et aux
impératifs de l'intégration africaine.
LA CARTE JUDICIAIRE
A. Constats :
- l'insuffisance de la couverture
judiciaire du pays,
- les problèmes crées par le
cas spécifique du district de Bamako.
B. Propositions :
- le renforcement de la structure
judiciaire par la création notamment de nouvelles cours
d'appel, de nouveaux tribunaux administratifs, et de
commerce,
- de revoir l'organisation et le
fonctionnement des tribunaux de 1ère instance de
Bamako,
- la relecture de la loi relative à
l'organisation judiciaire du Mali, notamment dans les services, la
suppression progressive des juges à compétence
étendue. La création d'un tribunal de 1ère
instance à Kidal et uniformiser les indemnités de
tous agents de l'Etat dans la région.
LES SERVICES CENTRAUX DE LA JUSTICE
A. Constats :
- les services centraux de la justice
connaissent des difficultés d'organisation et de
fonctionnement liées à leur assimilation aux
services centraux tels que prévus par la loi N°94-000
9 du 24 mars 1994 portant principes fondamentaux de la
création, de l'organisation et de fonctionnement des
services publics.
B. Propositions :
- Il faut soustraire l'administration
centrale de la justice à l'application de la loi
susvisée à l'instar des cours et des tribunaux afin
de les rendre plus efficaces.