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LA RÉFORME DE LA JUSTICE AU MALI
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Forum National sur la Justice au
Mali
JUSTICE ET
CORRUPTION
RAPPORT D'ATELIER
PRESIDENT : MODIBO TOURE
RAPPORTEUR : ABDOULAYE A. TRAORE
COMITE DE REDACTION DU RAPPORT :
MOHAMED ALI BATHILY - HAMEYE TRAORE MAHAMANE
I. IDENTIFICATION DES CAUSES ET FACTEURS
DE LA CORRUPTION
A. Causes liées au fonctionnement
des juridictions
- La mauvaise gestion et la mauvaise
administration des juridictions et des personnels
judiciaires,
- L'absence ou l'inéfficience des
systèmes de contrôle,
- La faiblesse des moyens matériels
et humains, l'absence de soutien documentaire à la
décision judiciaire, l' absence de bibliothèques ou
de centres de documentation, absence d'une politique de diffusion
et de mise à disposition de la loi,
- La faiblesse des crédits
dégagés en faveur du fonctionnement et d'une bonne
administration de la justice.
B. Causes liées au non respect de
la déontologie
- manque de probité morale de
certains parmi les personnels judiciaires et juridiques :
magistrats, greffiers, secrétaires des greffes et parquets,
avocats, huissiers, commissaires priseurs, police judiciaire,
notaires, experts et collaborateurs occasionnels de ces
professions : interprètes, assesseurs, juges
consulaires,
- Sans être une cause, certaines
circonstances favorisent la corruption du personnel judiciaire
notamment lorsque le juge évoque devant le justiciable ses
problèmes personnels ou utilise la lenteur de
procédure à cette fin.
- manque de loyauté et de
transparence dans la détermination des honoraires
d'avocats, de notaires, d'huissiers, de commissaires
priseurs,
- le recours au faux de certains officiers
ministériels publics pour authentifier des actes et pour
être adjudicataires déguisés dans les
procédures de vente aux enchères.
C. Cause liée au contexte
socio-politique et économique
Absence de volonté politique se
traduisant par :
- l'affaissement de la morale collective
et privée dans le phénomène de la
corruption,
- la faiblesse du pouvoir d'achat,
- absence de mesures visant à
garantir la neutralité de l'Etat et conduisant dans
certaines situations à la confusion entre les fonctions
politiques et les fonctions administratives,
- absence de transparence dans la mise en
œuvre des procédures prévues pour le contrôle
de la gestion des ressources publiques,
- absence de mécanismes et de
procédures de prévention de la corruption,
II. LES DOMAINES DE PREDILECTION DE LA
CORRUPTION
La forme et les manifestations de la
corruption sont variables selon les secteurs dans lesquels cette
corruption s'exerce d'une part et selon le rang et l'importance des
acteurs de la corruption d'autre part.
III. CONSEQUENCES DE LA CORRUPTION SUR LE
PLAN SOCIAL ET ECONOMIQUE
A. Sur le plan social :
" décrédibilisation " et "
délégitimation " des institutions de l'Etat, du
personnel politique et administratif et un accroissement du
déficit de l'Etat de Droit qui se traduit par la substitution
des rapports de force aux rapports de droit.
B. Sur le
plan économique :
- insécurité des
opérations économiques, des investissements, la
faiblesse de la fiscalité qui appauvrit l'Etat, une
répartition inégale des ressources de l'Etat au
profit d'une minorité,
- faiblesse de l'investissement
intérieur se traduisant par le faible niveau des biens
collectifs, l'absence de politique de création
d'emploi,
- retard dans les politiques menées
en faveur de la formation de l'éducation et de la
santé
IV. AXES DE REFORME POUR LUTTER CONTRE LA
CORRUPTION
- accroissement de la part du budget du
Ministre de la Justice dans le budget national pour mieux marquer
la volonté des hommes politiques à s'ancrer
d'avantage dans l'Etat de droit ?
- création d'un compte
d'affectation spéciale qui pourrait être
alimenté par les amendes pénales et les frais
d'enregistrement ou d'établissement de certains actes
établis par les juridictions. Ce fonds serait reparti comme
suit :
- équipement,
- construction de juridictions,
- formation et documentation,
- fonds social.
- amélioration des traitements des
magistrats et des greffiers,
- recherche d'une meilleure
amélioration des techniques de gestion du personnel et des
technologies utilisables à cette fin,
- création des structures
d'animation de ces structures,
- définition d'une politique de
formation qui s'appuierait sur une politique de documentation
conséquente et la formation des formateurs,
- porter une attention accrue au
coût de la formation,
- réfléchir et
élaborer un code de déontologie pour chaque
profession juridique et judiciaire
- développer une application
stricte et objective des sanctions aux manquement des
règles déontologiques préconisées par
les codes de déontologie et poursuivre les personnes
responsables de ces manquements au titre des dispositions des
autres codes qui leurs seraient applicables,
- s'agissant des honoraires, instaurer une
obligation de remettre au client une documentation écrite
indiquant les diligences à accomplir, le montant des
honoraires convenus et les modalités de règlement
qui s'y appliquent ; accompagner ce document d'une quittance ou
d'un reçu lors des paiements partiels ou totaux
effectués par le client,
- incorporer des programmes de formation
en déontologie pour toutes les professions juridiques et
judiciaires,
- développer les normes contribuant
à renforcer le respect de la chose publique,
- réhausser le pouvoir d'achat des
personnels judiciaires,
- supprimer l'hypothèse du
politique sur l'administration de manière à ce que
la neutralité de l'Etat s'exerce dans les secteurs
où elle est prévue,
- adopter toutes normes (lois et
règlements) destinées à favoriser la
transparence de la gestion des ressources publiques et celle du
contrôle de cette gestion,
- nécessité d'adopter des
mécanismes et des procédures de prévention
contre la corruption