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LA RÉFORME DE LA JUSTICE AU MALI |
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LA TABLE RONDE DES PARTENAIRES RAPPORT
SUR LA TABLE DE CONCERTATION PERMANENTE La
Table de Concertation Permanente sur le PRODEJ instituée par Décret
n°437/PM-RM du 07 Septembre 2000 s'est tenue à Bamako le 18 novembre
2002 sous la présidence de Son Excellence Monsieur Ahmed Mohamed Ag
HAMANI, Premier Ministre. Ont
pris part à cette rencontre les Représentants des Pays Amis, des
Institutions et Agences de Développement, ainsi que les structures
nationales concernées par la mise en œuvre du Programme Décennal de
Développement de la Justice (PRODEJ). La
liste nominative des participants se trouve en annexe. Les
objectifs visés sont : -
La poursuite de la participation des partenaires à la reforme
de la Justice, -
L'échange d'information sur le PRODEJ après deux années
d'existence, -
Le bilan critique et les perspectives de relance. Cérémonie d'ouverture : La
cérémonie d'ouverture a été marquée par l'allocution de Son
Excellence Monsieur Ahmed Mohamed Ag HAMANI, Premier Ministre, qui a
transmis à l'assistance les salutations du Chef de l'Etat ainsi que
ses souhaits de réussite de la rencontre. Il a remercié les
partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement dans la
réalisation du PRODEJ tout en déplorant les blocages dus à
l'absence d'outils de gestion, pourtant prévus dans la stratégie de
mise en œuvre du programme. Le
Premier Ministre a indiqué qu'après la levée des blocages,
l'occasion était bonne pour passer en revue l'ensemble des difficultés
et contraintes identifiées et faire des suggestions en conséquence,
pour aider au déroulement harmonieux du PRODEJ. Il
a précisé que le choix du thème de la rentrée judiciaire :
"l'exécution des décisions de justice" et la tenue de la
Table de Concertation une semaine après la rentrée des cours et
tribunaux, procèdent de la volonté du Chef de l'Etat, de placer la
justice à l'endroit pour renforcer l'Etat de Droit et la Démocratie
et en même temps réussir le combat contre la corruption et la délinquance
financière. Il
a invité les membres de la société civile à jouer pleinement leur
rôle dans le processus de reforme de la justice, pour permettre au
Mali de renforcer son ancrage démocratique. Monsieur
le Premier Ministre a poursuivi que l'instauration d'un climat de paix
et de sécurité tant à l'intérieur du pays que dans la sous-région
est un des objectifs majeurs de son gouvernement ; et que cette préoccupation
rejoint un des axes du Programme Décennal, qui veut assurer la sécurité
des citoyens et celle de leurs biens. il a invité l'ensemble des amis
du Mali à accompagner le Gouvernement dans cette voie. II-
Communications : Le
PRODEJ : historique, bilan, plan de relance Cette communication a fait la genèse du PRODEJ, dressé l'état des lieux de la justice, dégagé les enjeux de la reforme, ainsi que les résultats escomptés. Mais le constat qui se dégage au bout de deux années de mise en œuvre, est un manque de dynamisme du programme dû à certains facteurs, comme la rupture dans la chaîne de participation, le déficit de communication, le manque de ressources humaines pour la mise en œuvre du programme, l'infléchissement de la volonté politique, les limites dans la capacité d'absorption des ressources disponibles etc… Parallèlement à ces faiblesses, le programme dispose aussi de certaines opportunités comme : - l'étude institutionnelle du Ministère de la Justice qui est un élément additionnel au diagnostic pour une meilleure appréciation des actions futures ; - la mise en place d'une nouvelle équipe gouvernementale qui a permis la création des outils de gestions du programme ; - le respect des engagements financiers du Mali témoin de son intérêt pour la reforme ; - l'accompagnement du Canada, de la France, de la Banque Mondiale, du PNUD et de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie qui a permis d'envisager la relance malgré les difficultés. -
Trois autres communications se sont succédé, faisant le bilan
et les perspectives au plan sectoriel. Le
PRODEJ : droits de la personne, législation lutte contre la
corruption. A
propos des droits humains, les dispositions relatives à la présomption
d'innocence ont été renforcées, l'avocat peut intervenir dès la
première heure de la garde à vue, le prévenu peut se faire examiner
par un médecin, la détention préventive a été plafonnée, le
contrôle judiciaire a été instauré, tout comme la médiation pénale
et le travail d'intérêt général. La peine de mort a été abrogée
en matière de crime économique. Dans les autres matières un
moratoire de deux ans a été institué. Au
plan législatif : un séminaire regroupant les acteurs de la justice,
les usagers, la société civile et les pouvoirs publics a procédé
à la relecture consensuelle de seize textes allant des statuts des
professions juridiques aux codes de déontologies en passant par la
reforme de la carte judiciaire du pays et le classement des
juridictions. Au
plan de la lutte contre la corruption : la stratégie judiciaire se
traduit par la relecture des infractions économiques ainsi que du
cadre opérationnel de la croisade contre la corruption et la délinquance
financière. Ainsi trois pôles économiques et financiers ont été
institués auprès des tribunaux de première instance de la Commune
III du District de Bamako, de Kayes et de Mopti. PRODEJ
: infrastructures, logistique, équipements et budget Une
place importante a été réservée à la construction et à la réhabilitation
des infrastructures. Les capacités budgétaires du Ministère de la
Justice ont été renforcées. PRODEJ
: recrutement et formation Recrutement
: En 2000, 11 auditeurs de justice, 5 Greffiers, 3 Secrétaires des
Greffes et Parquets ont été recrutés ; en 2001, 30 Auditeurs de
justice, 10 Greffiers et 10 Secrétaires des Greffiers et Parquets ont
été recrutés ; en 2002, 55 Auditeurs de justice, 50 Greffiers, 50
Secrétaires des Greffes et Parquets et 64 Surveillants de prison ont
été recrutés. Il est prévu en 2003 le recrutement de 55 Auditeurs
de justice, 50 Greffiers, 50 Secrétaires de Greffes et Parquets, 60
Surveillants de prison et 10 Educateurs sociaux. Formation
: l'Institut National de Formation Judiciaire manque d'infrastructures
appropriées, de documentation, d'équipement et de personnel. Les
outils et le matériel pédagogique sont insuffisants. Après la
reforme institutionnelle, il est urgent d'achever la construction des
locaux de l'INFJ, d'équiper les nouveaux locaux, et de doter
l'Institut en documentation suffisante, de renforcer les ressources
humaines, d'encourager la politique d'échanges d'expériences. III-
Recommandations : Les
partenaires ont unanimement salué le bilan sans complaisance dressé
du PRODEJ après deux années d'existence. Ils ont ajouté que cet
exercice était attendu depuis longtemps et que désormais il faut
tout mettre en œuvre pour le pérenniser sous l'impulsion de la
partie malienne. Ils ont réaffirmé leur volonté d'accompagner le
Mali dans la Reforme de la Justice, et ont déclaré souscrire à
l'ensemble des constats qui ont été faits, tout en recommandant
l'instauration d'un mécanisme de suivi et d'évaluation pour le
futur. Le
Représentant de l'UNICEF a souhaité une plus grande implication du
Ministère de la Justice dans les activités de son organisme pour une
meilleure lisibilité des actions entreprises. IV- Conclusion : La
rencontre a recommandé : -
de mettre sur pied une structure légère composée du Ministère
de la Justice, de la Coopération canadienne, française, néerlandaise,
du PNUD et de l'UNICEF pour aider à la gestion des interfaces, à la
révision du Plan de relance, et à la création d'un comité devant
siéger entre deux Tables de Concertation Permanente. -
à
la cellule de se doter d'un organigramme, d'un manuel de procédure,
et de dégager un cadre de suivi évaluation pour le programme. -
à chaque partenaire de mettre à jour ses engagements et de désigner
un point focal par rapport au PRODEJ. Les
parties ont décidé de se retrouver vers le 15 janvier 2002 pour le
suivi des conclusions de la présente rencontre. Brahima
Mamadou DIALLO,
Médaillé
du Mérite National Source:
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