LA RÉFORME DE LA JUSTICE  AU  MALI


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Politique générale de la réforme

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Les objectifs de la réforme

Objectifs généraux de la réforme

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La reforme de la Justice qui procède de la reforme institutionnelle vise essentiellement trois objectifs généraux. Il s'agit de renforcer l'ancrage de l'Etat de Droit, de garantir la paix sociale et enfin de promouvoir le développement.

Renforcement de l'ancrage de l'Etat de Droit :

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La primauté du Droit dans les relations inter institutionnelles est un gage indéniable de la consolidation des acquis de la démocratie qui sont encore fragiles au Mali. La primauté du Droit à cet égard assure à la fois la légitimité de ces institutions et une saine gestion des affaires publiques à travers l'obligation de responsabilité et de transparence, une lutte effective et efficace contre la corruption dans toutes les sphères de la vie publique afin de restaurer la crédibilité du service public.

Le renforcement de l'Etat de Droit suppose par conséquent un train de mesures en vue de donner au Pouvoir Judiciaire les moyens institutionnels de son indépendance, le respect et la promotion des Droits de la Personne. En effet, malgré les progrès considérables enregistrés dans ce domaine, il existe encore un décalage entre les principes proclamés notamment le respect de la présomption d'innocence et les réalités du terrain en raison des conditions souvent déplorables de la garde à vue, de la longueur des détentions préventives, de l'engorgement des prisons….

L'impact de ces dysfonctionnements sur l'effectivité des Droits de la personne est nettement perceptible chez les couches vulnérables que sont les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées par rapport à la jouissance et à l'exercice de certains droits qui leur sont pourtant reconnus. C'est dire qu'une attention particulière devrait être consacrée à ces couches au risque d'aggraver les fractures sociales et l'exclusion.

Garantie de la paix sociale : le Droit est de prime abord un instrument d'intermédiation et de pacification des rapports sociaux. Il perd par conséquent sa vocation lorsqu'il attise ou entretient des conflits qui se perpétuent souvent de génération en génération ou qui empruntent des tournures dramatiques à travers des affrontements sanglants soit entre individus, soit entre communautés d'agriculteurs et d'éleveurs unies par des liens séculaires et condamnées à vivre ensemble.

La garantie de la paix sociale

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La garantie de la paix sociale passe en outre par une politique pénale assurant la sécurité des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire et une lutte cohérente contre les nouvelles formes de délinquance en matière économique et financière ainsi que le banditisme urbain et trans-frontières

Il revient en somme à la Justice d'une part de résoudre l'équation entre le Droit moderne, héritage de la colonisation et les règles de la coutume et d'autre part de concilier des impératifs parfois contradictoires entre les intérêts de la société et ceux de l'individu ; le formalisme des procédures et la garantie à tous et à chacun d'un égal accès à la Justice et un procès équitable dans un délai raisonnable ; de concilier en définitive les exigences d'une justice qui se doit d'être rapide sans être expéditive, qui allie le respect de la loi et la prise en compte de l'équité. C'est seulement ainsi que les populations ne seront pas obligées de se détourner des tâches de développement qui les interpellent en tant qu'individus mais aussi en tant qu'acteurs responsables du Devenir de la nation.

Promotion du Développement :

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La symbiose entre le Droit et son environnement constitue un terreau fertile pour le développement, en particulier dans sa dimension économique. Le Mali ne saurait dans le concert des nations évoluer en vase clos dans un environnement économique caractérisé par le jeu de la libre concurrence, l'intégration sous régionale et le défi de la mondialisation à l'orée du 3e millénaire.

L'intégration à l'Organisation pour l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique ( OHADA ) pour ne citer que cet exemple requiert des efforts en vue de simplifier les textes et procédures, d'assurer leur diffusion afin qu'ils soient connus tant par les applicateurs du Droit que par les investisseurs nationaux et étrangers, de veiller à la cohérence de la jurisprudence soumise dorénavant à une censure supra nationale (Cour Commune de Justice et d'Arbitrage ), enfin de diligenter les causes sans retard injustifié.

Objectifs spécifiques et axes d'intervention

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Les objectifs spécifiques visés par la reforme en corrélation avec les enjeux évoqués portent d'une part sur l'amélioration de l'accessibilité et de l'efficacité du service public de la Justice et d'autre part sur la restauration de la crédibilité et de la confiance des populations ainsi que des partenaires techniques et financiers du Mali à l'endroit du système de Justice.

Amélioration de l'accessibilité et de l'efficacité du service public de la Justice.

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L'accès à la Justice est un droit fondamental qui détermine l'exercice de tous les autres droits reconnus aux justiciables. La mise en œuvre de ce droit se heurte à des obstacles déjà relevés, à savoir :

Les axes stratégiques d'intervention concerneront la révision de la carte judiciaire, la suppression ou la révision à la baisse des frais de justice, le renforcement des infrastructures, de l'équipement, de la logistique et du budget; la simplification des textes et procédures et leur harmonisation avec l'environnement socio-culturel et économique, l'information, l'éducation et la communication enfin la documentation.

Révision de la carte judiciaire :

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Cette révision sera initiée afin de mieux rapprocher physiquement la Justice des justiciables en intégrant les réalités démographiques, économiques et sociales et à terme les nouvelles solidarités qui prennent corps avec le processus de la Décentralisation.

Une politique de création de juridictions sera menée de manière progressive dans l'optique du remplacement des justices de paix par des tribunaux de première instance La révision de la carte judiciaire concernera aussi :

Suppression ou révision à la baisse des frais de justice :

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La Justice est rendue gratuitement au nom du Peuple. En d'autres termes, le fonctionnement du service public de la Justice est assuré par le budget de l'Etat. Toutefois, l'accès au prétoire requiert souvent le recours à l'assistance d'auxiliaires de justice ( avocats, huissiers, notaires… ) dont les prestations sont rémunérées par les parties ou encore le paiement des droits de timbre, d'enregistrement, de consignation ou de taxes perçus au profit du Trésor Public.

Le rapport de force entre les parties au procès est ainsi susceptible d'être déséquilibré au détriment des moins nantis . L'objectif qui sous-tend cette stratégie de lutte contre l'exclusion est de permettre l'accès à la Justice des couches démunies de la population. Par conséquent, l'accent sera parallèlement porté sur l'assistance judiciaire et l'élaboration de conventions d'honoraires entre les avocats et leurs clients.

Renforcement des infrastructures, de l'équipement, de la logistique et du budget :

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Les difficultés matérielles qui entravent la distribution diligente de la Justice tirent en partie leur origine du caractère peu fonctionnel des locaux abritant les juridictions ; l'obsolescence de l'outil de travail ou l'absence du minimum en machines, fournitures de bureau, véhicules de liaison…

Un programme cohérent portera sur :

En ce qui concerne le budget, les stratégies porteront sur :

Simplification des textes et harmonisation :

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La situation du Droit positif se caractérise à la fois par une grande disparité des règles applicables notamment en matière coutumière et des vides juridiques dans certains domaines.

Il s'agira de simplifier les règles afin de les rendre plus accessibles à la majorité des citoyens, de combler les vides juridiques en tenant compte de l'environnement socioculturel en particulier dans le domaine du Droit de la Famille, du Droit Foncier...

Il s'agira également de prendre en compte les domaines nouveaux qui émergent et qui seront sources inévitables de conflits (Droit de la Consommation, Droit de l'environnement. ).

Les stratégies seront par ailleurs axées sur :

La promotion des mécanismes alternatifs de règlement des litiges (médiation, conciliation, arbitrage…) évitera l'engorgement inutile des juridictions et sera de nature à renforcer l'efficacité de la Justice grâce à des solutions convenues.

Dans le même ordre d'idées, la médiation sera réglementée en matière pénale afin d'apporter une réponse judiciaire adaptée à certaines formes de délinquance à savoir les violences légères, les injures ou rixes découlant des contentieux de voisinage…. Il s'agit de favoriser une justice de proximité qui contribuera au raffermissement de la paix sociale.

La promotion des modes alternatifs de règlement des litiges sera accompagnée d'un appui institutionnel en direction des organes de règlement traditionnels ou modernes (cadis, chambres d'arbitrage..) en vue de renforcer leur capacité d'intervention.

Il s'agira au plan sous régional de renforcer l'harmonisation du Droit des Affaires , d'identifier les goulots d'étranglement et de simplifier les procédures dans l'optique de mieux sécuriser l'investissement des opérateurs privés nationaux et de partenaires techniques et financiers du Mali.

Information, Education et Communication :

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La stratégie d'information, d'éducation et de communication contribuera à la connaissance par les citoyens de leurs droits et obligations ; d'appréhender et de donner leurs points de vue sur l'organisation et le fonctionnement des institutions juridiques et judiciaires, ses dysfonctionnements ainsi que les enjeux de la réforme de la Justice.

Les stratégies ciblées dans ce cadre porteront sur :

Documentation :

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En ce qui concerne la documentation, les stratégies seront axées sur :

 Restauration de la crédibilité et de la confiance tant des populations que des partenaires techniques et financiers

La crédibilité et la confiance dépendent de l'amélioration de l'accessibilité et de l'efficacité. Elles ne seront cependant restaurées qu'au prix de stratégies axées d'une part sur les ressources humaines qui devront être bien formées , d'autre part sur la mise en œuvre d'une stratégie efficiente en vue de réduire la corruption au sein du service public de la Justice et des autres secteurs de la vie publique enfin de la protection effective et de la promotion des Droits de la personne.

Ressources Humaines et Formation

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Les stratégies viseront à un recrutement qualitatif et quantitatif de magistrats et d'auxiliaires de Justice (greffiers, secrétaires de greffe et parquet avocats, notaires …) en vue notamment de réduire les délais d'instance dont la longueur est de nature non seulement à remettre en cause le principe de l'égalité des justiciables mais également d'entretenir la suspicion à l'endroit des juridictions ;

Les stratégies viseront aussi à :

Le renforcement de l'indépendance de la magistrature ira de pair avec une responsabilisation accrue des juges qui rendent la justice et disent le droit au nom du Peuple souverain. Il s'agira à cet égard de réviser les règles en vigueur sur la prise à partie et le désaveu en vue de renforcer le recours des citoyens dans le cadre de la mise en jeu de la responsabilité professionnelle des juges et des auxiliaires de justice.

La formation est par ailleurs une condition majeure de la crédibilité.

Il s'agira d'établir une programmation cohérente de la formation, en l'occurrence :

Lutte contre la corruption

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La Justice n'échappe pas au phénomène de la corruption qui gangrène tous les secteurs du service public et réduit à néant les efforts consentis tant par l'Etat que par les partenaires au développement.
Les stratégies ciblées porteront sur :

Promotion des Droits de la personne

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La stratégie de promotion et de protection des droits de la personne accordera une attention particulière aux groupes-cibles défavorisés, en l'occurrence les Femmes, les Enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées par l'adoption de mesures à caractère législatif ou réglementaire.
A cet égard il s'agira de :

Cette promotion portera aussi sur :

L'adoption d'une loi d'application de l'article 9 de la Constitution en ce qui concerne l'intervention de l'Avocat à l'enquête préliminaire procède par ailleurs du renforcement de la présomption d'innocence et du respect des droits de la défense.

Il s'agira dans cette optique de veiller au :

 

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