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JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS
IPEC-BIT au secours des enfants victimes de l’orpaillage

Dans le cadre de la célébration de la quatrième journée mondiale contre le travail des enfants, le Bureau International du Travail a organisé, le vendredi 12 juin dernier dans la salle Yeleen de l’hôtel Salam une conférence de presse sur le thème "Le travail des enfants dans les mines et carrières" 

L’objectif de ce point de presse était d’éclairer le mouvement mondial qui vise à éliminer le travail des enfants, en priorité ses pires formes. A travers le monde entier les statistiques estiment à un million le nombre d’enfants travaillant dans les mines et carrières. Ainsi les conditions de travail de ces enfants sont parmi les pires imaginables et leurs activités leur font courir de sérieux risques, sinon de perte de la vie, à moins d’être victimes de lésions permanentes.

Les enfants sont employés dans les mines de diamant, d’or et de métaux précieux en Afrique, dans les mines de pierres précieuses et carrières en Asie, et dans les mines d’or, de charbon, d’émeraudes et d’étain en Amérique du sud.

Dans les carrières de nombreuses régions du monde, les enfants sont particulièrement vulnérables lorsqu’ils participent aux opérations d’extraction et de transport, lorsqu’ils inhalent des poussières et des particules dangereuses et lorsqu’ils utilisent des outils et des équipements de concassage.

De ce fait, dans les mines souterraines ou artisanales, les enfants passent de longues heures à transporter de lourdes charges, à installer des explosifs, à tamiser du sable ou de la terre et à circuler dans les galeries étroites de 12 à 15 m de profondeur souvent en présence de toxines dangereuses telles que le plomb et le mercure.

Au Mali, on peut citer 3 zones d’orpaillage qui sont Kayes, Koulikoro et Sikasso. IPEC- BIT au cours d’une enquête à Yanfolila, Kénièba a repéré 520 enfants dont 60 %  de filles et à Kangaba 220 enfants dont la majorité sont non scolarisés. IPEC-BIT a beaucoup investi dans l’insertion socio-économique de ces enfants orpailleurs. Dans les mines, les enfants passent la journée à la recherche de l’or dont le gramme est automatiquement vendu à 2500 FCFA aux intermédiaires très généralement de nationalité guinéenne puisque Kangaba est proche de la Guinée.

L’expérience du BIT dans le projet pilote démontre qu’il est possible d’éliminer le travail des enfants accompli dans des conditions dangereuses.

Sur ce, l’Administrateur National de IPEC-BIT-Mali Moulaye Hassane Tall affirme que "sa structure s’engage à retirer sans délai les enfants des petites exploitations minières, nous essayerons d’assurer des services essentiels tels que les écoles, l’eau propre, les installations sanitaires dans des villages souvent reculés afin que les enfants abandonnent l’orpaillage". IPEC-BIT dans sa campagne a prévu 3 axes qui sont le renforcement des capacités dans leur lutte, la prévention et le retrait des enfants, leur insertion socio-économique.

Comment lutter contre le travail des enfants dans les sites miniers

Mettre l’accent sur le partenariat entre tous les acteurs et la formation professionnelle des parents des enfants qui travaillent dans les sites miniers ; lutter contre l’exploitation sexuelle de l’enfant sur les sites miniers ; la prise en compte dans le budget, l’élaboration de plans d’actions ainsi que la nécessité de faire des études dans le milieu afin de changer la mentalité des populations. Telles sont les recommandations formulées par les participants de la table ronde organisée par le Bureau International du Travail (BIT-IPEC) Mali le samedi dernier à l’hôtel Salam.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des activités de la célébration de la journée mondiale du travail des enfants célébrée hier, dimanche 12 juin.

L’objectif de cette table ronde, comme dira Moulaye Hassane Tall, était de partager avec les acteurs le contenu du thème de la journée mondiale.

De l’exposé de Mory Kaba Diakité, il ressort qu’il existe un partenariat entre l’Association pour la Valorisation des Ressources Locales et le programme IPEC-BIT Mali. C’est pourquoi l’AVRL a bénéficié d’un appui de IPEC-BIT sur le travail des enfants dans les mines d’orpaillage de Kangaba et de Kéniéba allant de septembre 2001 à septembre 2003. La mise en œuvre de ce projet a permis de retirer des travaux d’orpaillage 236 enfants à Kangaba et 102 à Kéniéba soit 338 enfants qui ont été identifiés, recensés et encadrés au cours de l’exécution du projet arrivé à son terme.

Fatoumata Mah Thiam Koné

Source: Journal l’indépendant N° 1241du 13 juin 2005.       

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