LA RÉFORME DE LA JUSTICE  AU  MALI


Page d'accueil

Nouvelles diverses sur la Justice           

Retour au sommaire des nouvelles


RENCONTRE PREMIER MINISTRE-MAGISTRATURE ET GREFFE
LA JUSTICE ENTRE SATISFECIT ET CRITIQUES

Le gouvernement est constant dans son souci d’améliorer les conditions de vie et de travail de la justice. Celle-ci doit accepter qu’il y a un besoin de changement de mentalités.

Les concertations engagées par le Premier ministre avec les forces vives de la nation se poursuivent. Mardi, le chef du gouvernement, accompagné de 8 ministres a rencontré successivement au ministère de la Justice, le Syndicat autonome de la magistrature (SAM) et le Syndicat autonome des greffiers et des secrétaires de greffes et parquets (SAGSGP).

Le Syndicat autonome de la magistrature était représenté par son comité directeur conduit par son président Fodié Touré. Situant le cadre de la rencontre, Ousmane Issoufi Maïga a indiqué qu’il s’agissait d’améliorer le dialogue social entre partenaires sociaux et discuter des grandes préoccupations de la nation. Dans la perception du Premier ministre, la rencontre n’était donc pas destinée à collationner les revendications catégorielles.

CONSTRUCTIONS ET RENOVATIONS DE LOCAUX: Remerciant le chef du gouvernement pour l’initiative de la rencontre, Fodié Touré a rappelé que c’était la deuxième fois que son syndicat se trouvait en face du chef du gouvernement pour discuter de sujets de préparation nationale. Le SAM approuvait donc cette méthode de travail mais en « bon syndicaliste », son président ne pouvait laisser passer l’occasion de faire remonter quelques préoccupations de la corporation.

Fodié Touré s’est félicité des efforts déployés en faveur de la justice ces derniers temps. Ces douze derniers mois, la justice a ainsi enregistré plusieurs constructions et rénovations de locaux, mais aussi une dotation en véhicules. Ce qui correspond au souci d’améliorer les conditions de travail de l’appareil judiciaire. Mais, d’un autre côté, les magistrats sont préoccupés par ce qu’ils considèrent comme « une tentative de marginalisation de leur corps ». Fodié Touré indexe ainsi leur mise à l’écart dans la relecture des textes fondamentaux de la République (Charte des partis, loi électorale). Ils viennent aussi d’être écartés de la CENI. Tout ceci s’ajoute au cas plus ancien du Conseil économique, social et culturel (CESC). Le président du SAM s’interroge sur ce qu'il considère comme une volonté d’écarter les structures véritablement indépendantes des partis politiques. Avant d’en appeler à l’instauration de la sécurité sociale pour les travailleurs.

En réponse, le Premier ministre a rappelé qu’il n’était pas question de négociation mais d’échanges sur les grandes préoccupations de la nation. Il était venu s’enquérir de la vision du SAM sur l’avenir de leur projet de société car il lui semble indispensable d’associer le maximum de Maliens à l’œuvre de construction nationale. « Ce pays a besoin de dialogue car les priorités sont nombreuses », dira Ousmane Issoufi Maïga en démentant toute volonté manifeste d’écarter les magistrats. Il a assuré, à ce propos, qu’il prenait bonne note des préoccupations soulevées. 

INEXISTENCE DE PROTECTION SOCIALE : Réagissant à la requête relative à la sécurité sociale des agents de l’Etat, le Premier ministre a déploré l’inexistence de protection sociale et reconnu une défaillance de notre système. C’est un souci majeur du gouvernement, a-t-il assuré en soulignant que, pour le moment, il y a tout juste un budget pour les évacuations sanitaires qui est loin d’être suffisant.

En réponse à une autre remarque du dirigeant du SAM, le chef du gouvernement a indiqué que le budget du ministère de la Justice n’a pas baissé, contrairement aux apparences. Le gouvernement est constant dans son souci d’améliorer les conditions de vie et de travail de la justice. Mais en retour, les agents doivent accepter qu’il y a un besoin de changement des mentalités. Le SAM doit y aider.

Le syndicaliste s’étant montré critique sur la gestion de la dernière crise alimentaire, sur la situation de l’école, du coût de l’électricité, de l’eau, Ousmane Issoufi Maïga, a au contraire, estimé que les pouvoirs publics devaient être félicités pour la gestion de la crise alimentaire. L’action du gouvernement a, en effet, permis d’éviter une situation bien plus grave et a été saluée par de nombreux partenaires du Mali. Des problèmes existent à l’école et dans le domaine de la santé, a-t-il admis en précisant que les solutions ne pouvaient être immédiates.

Le Premier ministre et sa délégation ont ensuite rencontré le Syndicat autonome des greffiers et des secrétaires de greffes et parquets conduit par son secrétaire général, Abdoulaye N’Diaye. L’initiative, la première du genre pour les greffiers, a été louée par le secrétaire général qui a entrepris, lui aussi, de soulever les préoccupations de ses mandants. Abdoulaye N’Diaye a ainsi salué l’adoption d’un statut particulier derrière lequel la profession courait depuis des décennies. Mais ce statut a des imperfections qu’il faudra corriger.

Les greffiers souhaitent vivement l’informatisation des greffes, la formation continue des greffiers, la protection du corps, la revalorisation de leurs primes et l’acquisition de logements.

Le Premier ministre est d’accord avec eux que le statut particulier peut être amélioré, que l’informatisation est une nécessité et que le dialogue doit se poursuivre.

Par A. LAM

Source: Journal l’Essor, N°15648 du 23 février 2006.      

Retour au début du document


Page d'accueil - Écrivez-nous : ucprodej@afribone.net.ml