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LA RÉFORME DE LA JUSTICE AU MALI |
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Nouvelles diverses sur la Justice | |
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RENTREE SOLENNELLE DU BARREAU : SOIF DE RENOUVEAU Pour adapter leur profession aux nouvelles exigences, les avocats demandent une redéfinition des conditions d’exercice du métier, en concertation avec les pouvoirs publics. Le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga a présidé hier au Centre international des conférences, la rentrée solennelle du Barreau et la première Conférence dite du stage. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement, du premier vice-président de l’Assemblée nationale, Me Mountaga Tall, d’ambassadeurs, de bâtonniers de pays amis, d’avocats et de nombreux représentants de la famille judiciaire. Cette rentrée était placée sous le signe du “renouveau de l’avocat”. Elle est accompagnée de la première Conférence du stage et d’une conférence sur “ le cadre de l’investissement et la concurrence dans l’espace UEMOA”. Durant trois jours, les avocats du Mali et leurs homologues d’Afrique et d’ailleurs pendront part à des conférences et débattront de thèmes d’actualités en rapport avec l’exercice de leur profession et l’environnement socio-économique. La conférence du stage a offert l’opportunité à trois jeunes avocats de faire briller leur talent oratoire sur différents thèmes. Le Français Ambroise Liard, 32 ans, avocat depuis 5ans au barreau de Paris a exercé son éloquence sur le thème “l’Afrique est-elle si loin ?”. Le Sénégalais Corneille Badji a brodé des réponses à la Question “Gorée est-elle submersible ?”. Le jeune avocat Alassane Diop inscrit depuis 4 ans au barreau du Mali a planché sur le thème “ la jeunesse doit-elle s’enflammer ?”. Quant au bâtonnier Kassoum Tapo, il a présenté le discours des discours qui résume les trois thèmes présentés par ses jeunes confrères. UN CONSEILLER POINTU Après avoir fait part des regrets du président de la République, Amadou Toumani Touré, de n’avoir pu prendre part à la cérémonie, le Premier ministre a salué la tenue de la conférence du stage qui selon lui revêt une importance particulière. Car elle offre l’occasion de manifester l’intérêt que porte notre pays aux activités du barreau. Cette rentrée solennelle du barreau permet d’échanger les vues sur l’évolution et les finalités du droit dans un contexte d’intégration sous-régionale, régionale et de mondialisation. Le Premier ministre a indiqué qu’on attend désormais de l’avocat qu’il soit un conseiller pointu et un spécialiste dans un domaine précis. C’est pourquoi, l’accent doit être mis sur la formation. Le gouvernement, a-t-il assuré, partage les préoccupations du barreau en ce qui concerne la nécessité d’harmoniser les règles et procédures d’accès et d’exercice de la profession d’avocat au sein de l’espace UEMOA. De plus, le soutien au barreau dans ses efforts pour l’ancrage de l’Etat de droit et l’émergence d’une véritable culture démocratique dans notre pays, ne fera pas défaut. Le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali, Me Seydou Ibrahim Maïga, a justifié la tenue de la première Conférence du stage par le fait que “ la corporation des avocats dans notre pays est composée de professionnels de plus en plus jeunes, exerçant leurs activités dans un contexte de droit désormais harmonisé et communautaire”. Les jeunes avocats sont confrontés dans leurs activités quotidiennes à de nombreuses difficultés dues entre autres, à la conjoncture économique que traverse le pays mais aussi à l’affaiblissement et à la paupérisation de la profession d’avocat, estime Me Maïga qui souhaite l’institutionnalisation de la Conférence du stage pour donner l’opportunité aux avocats, surtout aux plus jeunes, d’exercer leur talent d’orateurs et de plaideurs. S’ADAPTER AUX NOUVELLES EXIGENCES Selon le Bâtonnier, la structure de l’Ordre des avocats doit être repensée dans notre pays et s’adapter aux nouvelles exigences de l’heure. Ainsi, les hommes en robe noire demandent une plus grande concertation avec les pouvoirs publics pour redéfinir les conditions d’exercice de la profession d’avocats dans notre pays. Ils souhaitent aussi la mise en place d’une assistance financière à la charge de l’Etat et au profit des avocats afin de leur faciliter l’accomplissement de la mission de service public au sein du système judiciaire. Cela pour la consolidation de l’Etat de droit, garant de tout développement. Enfin, les avocats voudraient que l’on assure une plus grande visibilité de l’Ordre et que l’on fasse connaître davantage la mission et le rôle de l’avocat dans la société. La construction de la Maison de l’avocat, que le barreau attend de l’Etat, ira dans ce sens. La tenue du colloque international sur “ le cadre des investissements au Mali et la législation de la concurrence dans les pays de l’espace UEMOA” permettra de discuter de la pertinence des différents mécanismes applicables en matière d’investissement et de passer en revue la législation sur la concurrence. Après avoir salué la présence de plusieurs bâtonniers de la sous-région, Me Maïga a rendu un hommage appuyé à ses prédécesseurs. Des distinctions de reconnaissance ont été décernées à plusieurs personnalités qui se sont illustrées dans le métier d’avocat : Me Georges Albert Dongar, qui fut l’un des pionniers de la profession dans notre pays à la fin des années 40, Me Hamaciré N’Douré qui a exercé dans les années 50 et 60 et qui fut plusieurs fois ministre et Me Demba Diallo, l’infatigable combattant du droit et figure emblématique du Mouvement démocratique de mars 1991. Tous ont reçu les distinctions à titre posthume. Les bâtonniers Idrissa Traoré, Magate Assane Sèye, Kassoum Tapo et Fanta Sylla ont aussi été distingués pour avoir su reprendre le flambeau des pionniers et contribuer à consolider le barreau. Par A. LAM Source: Journal l’Essor, N°15649 du 24 février 2006. | |
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