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DROITS DE LA FEMME : L’ANJM EXPLIQUE LE PROTOCOLE DE MAPUTO

Dans le cadre de la vulgarisation du protocole de Maputo relatif à la promotion des droits de la femme en Afrique, l’Association nationale des juristes du Mali (ANJM), en collaboration avec le Projet d’appui à la promotion et à la protection des droits humains (APPDH) a organisé il y a une dizaine de jours, au Centre du secteur privé, une conférence-débat sur ce précieux instrument pour l’émancipation des Africaines.

La conférence était animée par Mme Keïta Mariam Touré de l’ANJM et a regroupé autour du représentant du ministre de la Justice (en même temps coordonnateur national du projet APPDH) Mamadou Diakité, le président de l'ANJM Mamadou Fadiala Keïta, ainsi que le représentant du Cercle de réflexion et d’information (CRI 2002) Abdoulaye Thiam.

Le protocole de Maputo, relatif aux droits de la femme, complète les dispositions de la Charte africaine des droits de l’Homme. Il se réfère à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la promotion de la paix et de la sécurité et assure une meilleure reconnaissance des droits de nos sœurs. Il invite tous les Etats africains à assurer la pleine participation des Africaines au développement.

Dans notre pays, les dispositions juridiques comme la Constitution, le code de mariage et de la tutelle, le code pénal sont autant d’instruments concourant à  l’épanouissement de la femme.

Selon la conférencière, la démocratie et la lutte contre la pauvreté ne sauraient s’accommoder de la négation des droits de l'Homme de façon générale et de ceux des femmes en particulier. Mme Keïta  Mariam Touré a préconisé de vulgariser tous les instruments relatifs à la protection de la personne humaine afin de les faire connaître de tous sans distinction de sexe.

Malheureusement chez nous comme ailleurs sur le continent, ces textes sont mal connus des femmes. Dans notre pays l’Association nationale des juristes du Mali (ANJM) travaille pour inverser cette tendance. C’est ainsi que depuis 2003, année de sa création, elle a organisé une trentaine de conférences et séminaires, a expliqué Mamadou Fadiala Keïta.

Le vrai obstacle au développement en Afrique de façon générale, a estimé le juriste, demeure le manque d’accès des populations à l’information. Il a rappelé le principe qui veut que ‘‘nul n’est censé ignorer la loi”. “Mais comment peut-on appliquer une telle règle dans un pays où la majorité de la population est analphabète ?“, s’est-il interrogé.

Preuve de la détermination des juristes ( en majorité jeunes ) regroupés au sein de l’ANJM, à faire connaître le protocole de Maputo, des débats et ateliers sont organisés dans des maries du district de Bamako pour expliquer et discuter le contenu du document. La finalité de ces différentes rencontres est de mettre en exergue le lien étroit entre le respect des droits de la femme et le développement. Généralement à l’issue des rencontres, les participants maîtrisent mieux la question des droits de la femme et sont informés de l’existence de mécanismes légaux d’implication des femmes dans la gestion des affaires publiques.

Par B.M.

Source: Journal l’Essor N°15818 du 30 octobre 2006.

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